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Dieu
est une chanson douce...
Janvier…
le mois des pas feutrés, des chuchotements sur
la neige qui réverbère nos émerveillements
fugaces. Janvier….temps d’hibernation…
moments de latence, de prémices au grand réveil
de notre Terre Mère… moments propices aux
grandes questions, comme celle de Dieu, par exemple
et son histoire, en l’occurrence, le monothéisme.
C’est
quoi, trouver Dieu ? Et où ? Et quand ? Et comment
le cherche-t-on ? Y a t’il une recette, ou des
trucs, un mode d’emploi particulier?
Commence-t-on par feuilleter le « Petit Robert
» ? Puis dépité par la définition
trop simpliste, va-t-on explorer les autres ressources
de notre langue, comme le dictionnaire étymologique,
analogique, historique ? … pour, finalement attaquer
la grosse pièce : l’Universalis, comptant
24 volumes, pesant chacun deux kilos (Dieu se fait lourd).
A ce stade, je ne me suis pas encore ruée sur
le dictionnaire des symboles, ou les traités
de théologie, je n’oserais m’aventurer
sur ces vastes territoires avec leurs milliers de pages
consacrées à cette problématique.
Dieu ! Qu’il est loin !
Dieu, est-il un fait, une croyance, un coup de chance,
un rêve, un fantasme, une idée, une métaphore,
ou tout cela à la fois ? Est-il un mécanisme
de protection, une paire de béquilles contre
nos peurs, notre petitesse, notre détresse initiale,
à savoir notre finitude, où chacun se
débrouille comme il peut, pour survivre à
cette très mauvaise nouvelle? Le petit de l’homme
va le découvrir, parfois bien précocement,
en ramassant la jolie coquille vide d’un escargot
qui servira dorénavant de pièce à
conviction à une détresse bien argumentée…
Mais,
Dieu, selon certains témoignages, serait à
l’origine d’un traumatisme qui laisserait
traces et séquelles, et on le rangerait alors
selon les psychiatres dans la rubrique : stress post-
traumatique, au chapitre des troubles anxieux. Ou alors,
il pourrait être l’objet de phobies, d’hallucinations
ou de délires (tout comme le diable, par ailleurs,
ce qui n’arrangerait toujours pas leur rivalité).
D’autre
part, il pourrait être le résultat d’archives
enfantines restées intactes comme le sont les
contes, les fables et l’Histoire Sainte: récits
fondateurs de notre psychisme, structurant notre personne.
Une de ces images, implantée dans mon esprit
d’enfant, me revient à l’instant:
c’est un vieillard à la longue barbe et
drapé de blanc, trônant dans les nuées,
au visage allongé, l’air autoritaire, imposant,
mais bon et juste, me disait-on. Fillette, j’étais
impressionnée par le sérieux de son expression,
de ses attitudes : Dieu ne riait donc jamais ? Dieu
ne souriait pas non plus, Dieu devait être dépressif…Et,
au lieu d’être replié sur lui, dans
ce cas de figure, il était censé être
partout à la fois, il voyait et entendait tout,
ce qui me mena rapidement à la conclusion qu’il
était un véritable espion ; pis que çà,
un voyeur.
Je ne l’aimais donc pas.
De
l’image au concept, puis à l’expérience,
c’est tout un chemin à parcourir pas à
pas.
Ah ! J’y suis : Dieu est Expérience, il
n’est ni exploit ni performance mais initiation
à la vie par la vie où l’homme grandit
à chaque tempête, à chaque cyclone,
à chaque ouragan… Et il grandit en conscience,
il s’éveille, il renaît, parfois
plusieurs fois en une vie. Mais je n’irais quand
même pas jusqu’à clamer : «
Vivent les bosses et les coups durs»
Mais,
je m’égare : et si Dieu était Question?
Question à l’état brut, ne demandant
pas de réponse, donc pas de réflexion,
donc pas de recherche de sens ; Question essentielle,
à l’état pur, interrogation constante,
mouvante et mouvementée, recherche sinueuse sans
être essoufflante, démarche incessante,
infinie (jamais finie) de l’homme vers lui-même,
rencontre de son Intériorité, de sa Créature
infiniment petite rejoignant l’infiniment grand.
Et si cette aptitude à ‘être’
se nommait ‘spiritualité’ avec comme
corollaire une recherche de sens, du divin en l’homme,
synonyme de Dieu ?
Alors,
Dieu serait tout à la fois : la brise, l’écorce
et la noisette, le nuage, la lune et le galet…
il serait miel et pollen, parole et silence, brindille
et rosée… Il se ferait douceur du regard,
chaleur de l’écoute, tendresse et respect,
contemplation et liberté et bien plus que tout
cela, étant fait à l’image de l’homme.
Il serait la force du désir ou la toute petite
dernière flamme d’une bougie évanescente…
Chercher
son Dieu ,c’est se chercher, c’est devenir
qui on est, dit le Sage; c’est se trouver au plus
profond de soi, c’est découvrir sous son
vieil arbre du jardin les fruits exotiques qu’on
est allé chercher loin ; c’est faire son
tour du monde intérieur et réaliser qu’on
est bien chez soi ; c’est rayonner de l’or
qui dort sous son lit, c’est goûter l’eau
de son puits, la déguster; et confiant de tout
cela, être prêt au grand partage, car celui-ci
se prépare comme une belle cérémonie.
Afin
d’éveiller votre réflexion, je vous
propose une nouvelle interrogation :
« Et si Dieu était musique, harmonies,
mélodies ou berceuses ? » Mais oui, bien
sûr, j’ai enfin trouvé !
Dieu est une chanson douce…la tienne que tu fredonnes
en respirant.
Amicalement. Anne.
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