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Petit billet vigneron…qui prolonge la réflexion de la Vigne de janvier 2004 dont le thème était: «L'Origine du Monothéisme» .

 

Dieu est une chanson douce...

Janvier… le mois des pas feutrés, des chuchotements sur la neige qui réverbère nos émerveillements fugaces. Janvier….temps d’hibernation… moments de latence, de prémices au grand réveil de notre Terre Mère… moments propices aux grandes questions, comme celle de Dieu, par exemple et son histoire, en l’occurrence, le monothéisme.

C’est quoi, trouver Dieu ? Et où ? Et quand ? Et comment le cherche-t-on ? Y a t’il une recette, ou des trucs, un mode d’emploi particulier?
Commence-t-on par feuilleter le « Petit Robert » ? Puis dépité par la définition trop simpliste, va-t-on explorer les autres ressources de notre langue, comme le dictionnaire étymologique, analogique, historique ? … pour, finalement attaquer la grosse pièce : l’Universalis, comptant 24 volumes, pesant chacun deux kilos (Dieu se fait lourd). A ce stade, je ne me suis pas encore ruée sur le dictionnaire des symboles, ou les traités de théologie, je n’oserais m’aventurer sur ces vastes territoires avec leurs milliers de pages consacrées à cette problématique. Dieu ! Qu’il est loin !

Dieu, est-il un fait, une croyance, un coup de chance, un rêve, un fantasme, une idée, une métaphore, ou tout cela à la fois ? Est-il un mécanisme de protection, une paire de béquilles contre nos peurs, notre petitesse, notre détresse initiale, à savoir notre finitude, où chacun se débrouille comme il peut, pour survivre à cette très mauvaise nouvelle? Le petit de l’homme va le découvrir, parfois bien précocement, en ramassant la jolie coquille vide d’un escargot qui servira dorénavant de pièce à conviction à une détresse bien argumentée…

Mais, Dieu, selon certains témoignages, serait à l’origine d’un traumatisme qui laisserait traces et séquelles, et on le rangerait alors selon les psychiatres dans la rubrique : stress post- traumatique, au chapitre des troubles anxieux. Ou alors, il pourrait être l’objet de phobies, d’hallucinations ou de délires (tout comme le diable, par ailleurs, ce qui n’arrangerait toujours pas leur rivalité).

D’autre part, il pourrait être le résultat d’archives enfantines restées intactes comme le sont les contes, les fables et l’Histoire Sainte: récits fondateurs de notre psychisme, structurant notre personne. Une de ces images, implantée dans mon esprit d’enfant, me revient à l’instant: c’est un vieillard à la longue barbe et drapé de blanc, trônant dans les nuées, au visage allongé, l’air autoritaire, imposant, mais bon et juste, me disait-on. Fillette, j’étais impressionnée par le sérieux de son expression, de ses attitudes : Dieu ne riait donc jamais ? Dieu ne souriait pas non plus, Dieu devait être dépressif…Et, au lieu d’être replié sur lui, dans ce cas de figure, il était censé être partout à la fois, il voyait et entendait tout, ce qui me mena rapidement à la conclusion qu’il était un véritable espion ; pis que çà, un voyeur.
Je ne l’aimais donc pas.

De l’image au concept, puis à l’expérience, c’est tout un chemin à parcourir pas à pas.
Ah ! J’y suis : Dieu est Expérience, il n’est ni exploit ni performance mais initiation à la vie par la vie où l’homme grandit à chaque tempête, à chaque cyclone, à chaque ouragan… Et il grandit en conscience, il s’éveille, il renaît, parfois plusieurs fois en une vie. Mais je n’irais quand même pas jusqu’à clamer : « Vivent les bosses et les coups durs»

Mais, je m’égare : et si Dieu était Question? Question à l’état brut, ne demandant pas de réponse, donc pas de réflexion, donc pas de recherche de sens ; Question essentielle, à l’état pur, interrogation constante, mouvante et mouvementée, recherche sinueuse sans être essoufflante, démarche incessante, infinie (jamais finie) de l’homme vers lui-même, rencontre de son Intériorité, de sa Créature infiniment petite rejoignant l’infiniment grand. Et si cette aptitude à ‘être’ se nommait ‘spiritualité’ avec comme corollaire une recherche de sens, du divin en l’homme, synonyme de Dieu ?

Alors, Dieu serait tout à la fois : la brise, l’écorce et la noisette, le nuage, la lune et le galet… il serait miel et pollen, parole et silence, brindille et rosée… Il se ferait douceur du regard, chaleur de l’écoute, tendresse et respect, contemplation et liberté et bien plus que tout cela, étant fait à l’image de l’homme. Il serait la force du désir ou la toute petite dernière flamme d’une bougie évanescente…

Chercher son Dieu ,c’est se chercher, c’est devenir qui on est, dit le Sage; c’est se trouver au plus profond de soi, c’est découvrir sous son vieil arbre du jardin les fruits exotiques qu’on est allé chercher loin ; c’est faire son tour du monde intérieur et réaliser qu’on est bien chez soi ; c’est rayonner de l’or qui dort sous son lit, c’est goûter l’eau de son puits, la déguster; et confiant de tout cela, être prêt au grand partage, car celui-ci se prépare comme une belle cérémonie.

Afin d’éveiller votre réflexion, je vous propose une nouvelle interrogation :
« Et si Dieu était musique, harmonies, mélodies ou berceuses ? » Mais oui, bien sûr, j’ai enfin trouvé !

Dieu est une chanson douce…la tienne que tu fredonnes en respirant.


Amicalement. Anne.

 

 

 

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