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Le gospel, un rituel instinctif de survie. Une thérapie
primitive qui sourd du fond des âmes lourdes et
blessées, qui jaillit du plus profond des tripes,
pour user et bousculer, sans même le savoir, sans
le vouloir, le carcan de l’esclavage.
C’est comme un exorcisme. Au fin fond des souffrances,
brisé, anéanti, couvert de chaînes,
l’être humain trouve l’étincelle,
la petite lumière de l’espoir… en
chantant…presque « par hasard »…
D’abord un rythme, rien qu’un rythme qui
dépasse le drame de tous les jours, le transcende,
le transporte sur un autre plan, dans une autre vibration.
Un chant qui apporte l’humilité, le lâcher
prise et forme, crée une entité, une «
âme-groupe », l’égrégore
des chanteurs qui psalmodient, comme une incantation,
un partage, une solidarité, une fraternité.
Etre ensemble avec la vie qui peine, et qui se blesse,
et qui se torture, et qui meure, jusque la transe…et
c’est pas grave…
Et c’est cette vibration, comme un langage universel,
qui touche chaque être au plus secret de son âme.
Une compassion, une admiration, une folle espérance,
une vague qui submerge tout, qui bouscule les ressentis,
rend fragile et tellement humain.
Cris rauques et prières ferventes, les écorchés,
chantent leur baume et apaisent leurs tortures.
L’espoir infime de la désespérance.
Des chaînes qui sonnent comme des carillons
Ce sont tous les parias du monde, tous les miséreux,
tous les humains qui traînent, cachent ou portent
leurs souffrances sur leur chemin de vie, leur chemin
de croix. C’est toi et moi, en larmes, en rage,
en révolte, en tentative de survie.
Le gospel est l’écho des drames de la
vie, il fait partie de nos existences, c’est pourquoi,
comme un langage universel, il parle, hurle ou chante
dans nos plexus. Nous le reconnaissons, nous l’avons
toujours connu.
Il nous appartient, il est nous.
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