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La
Mélodie des idées.
C'est un troubadour du 21ème
siècle
Il nous arrive tout droit du Québec, ne fait
que passer, armé de sa guitare. Il chante la
vie, semant ses boutades, ses livres, ses contes, son
sourire autochtone.
C'est un chaleureux troubadour, aux rimes simples qui
touchent l'esprit, avec un joli détour par le
cur.
André Harvey croit au miracle : je m'arrête
à ce mot et l'épèle en secret
Lorsque l'enfant cueille les miracles en fleurs, regardez
son émerveillement et vous capterez très
vite l'état de grâce nécessaire
au miracle. Car l'état de grâce appartient
complètement à l'enfant, rien qu'à
lui
L'enfant le perd, comme ses dents de lait, en grandissant.
A l'âge adulte lui revient l'envie de saisir les
miracles au vol, libres et lumineux autour de lui.
Nul besoin de chaman pour cela
Car le miracle se redécouvre, comme le premier
champignon des bois confondu dans l'humus : le repérant
à l'odeur, l'oeil apprend et s'aiguise. Selon
l'exercice quotidien menant à la grâce,
l'humain constate que les miracles foisonnent : ils
inondent la planète, ils fertilisent l'air. Ils
sont omniprésents, visibles quand l'homme est
prêt.
Sensibles, ils se glissent dans des interstices de beauté
Prenons-en soin, car ils risquent l'extinction, victimes
, comme nos forêts, de l'indifférence humaine.
Chercher le miracle demande un travail d'éveil
; un travail de dentellière, de ciseleuse.
En conversant avec l'arbre, ce matin, je vis, émergeant
du sol durci et froid une touffe de perce-neige : dix
jolis miracles, à peine éberlués
tendant fièrement leur toute petite blancheur
vers un ciel enfin plus clément.
Je vous mets sur la piste de mes miracles ?
C'est la sittèle qui coince bruyamment sa noisette
dans l'écorce du vieux saule
C'est le petit rond de lumière qui tremble et
n'ose se poser dans l'herbe
C'est une lune ronde et grosse comme une femme pleine
: la lune et la femme sont deux miracles très
complices
C'est la perle de glace, arrimée au noisetier,
qui se berce à ma rivière
C'est une framboise à peine cueillie, chaude
d'été, déployant son parfum, qui
coule sur mes lèvres
La framboise est un
tout grand miracle
C'est l'odeur de la brise sur ma peau frissonnante,
et sa musique sur mes reins
C'est le chien du voisin qui gratte à ma porte
C'est le oui à la vie, à chaque matin
C'est la vibration commune aux mêmes événements
: l'arc-en-ciel en est un, il est aussi un très
grand miracle
C'est la feuille
à l'été indien
d'un rouge, si rouge qu'il vous monte au visage.
La feuille rouge se rappelle aux poètes qui colorient
le monde.
En cette fin d'hiver très ouaté, l'oiseau
trépigne
Il a soudain des tentations de printemps
Moi aussi.
Et la neige essoufflée nous oppose encore un
peu de résistance passive
Amitiés à vous .
Anne.
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