Notre but
L'équipe
Historique
En pratique
Sites favoris
Agenda
Mines d'étincelles
Thèmes abordés
Nos vins sélectionnés
Créations
Notre "chais-nous"
Photos du mois
L'album
 

Petit billet vigneron…qui prolonge la réflexion de la Vigne de décembre 2004 dont le thème était: «Samouraï de Lumière: un code de bonheur» .

Ombre et Lumière...

Lorsque, au détour du chemin, vous croisez un ami, un voisin, la conversation s'engage habituellement par une évaluation instantanée et précise du climat, de la météo du jour.
Qu'il gèle, bruine, ou fasse tempête, le " temps qu'il fait " est prétexte à la rencontre et permet, par un langage codé, de s'accorder à l'autre.
Ecoutons plutôt : " Salut, Jean ! Il fait doux, aujourd'hui. Ce petit répit entre deux froidures me fait du bien ! "
" Bonjour, Marie ! Le ciel pleure ce matin ; il en tombe des hallebardes. La Lesse est bien haute et elle monte encore ! Pourvu qu'elle en reste là, pardi ! "
" …Soir, François ! Ca gèle ferme ; vise un peu les étoiles : quelle brillance ! Elles s'apprêtent déjà pour Noël ! " Et chacun remonte l'écharpe enroulée doublement autour du cou.
D'autres humains introduisent la rencontre, rituellement, par un commentaire sur la lumière ; ceux-ci partagent un langage commun. Ils en parlent tous les jours de la vie, comme on s'informe des nouvelles du monde, comme on prend son petit déjeuner, comme on fait son lit … mais ils ne la banalisent pas, que du contraire !
" Salut, Daniel ! Il fait terne et la lumière est bien plate. Ca ne nous remonte pas le moral, à vrai dire ". Le manque de lumière est assimilé à de la monotonie, à de la tristesse, et il est prouvé depuis déjà belle lurette qu'elle agit sur notre système nerveux.
Mais, s'il s'avère qu'en ce jour de rencontre, elle est plus qu'extraordinaire, les habitants de la Planète Lumière vont s'informer l'un l'autre de ce grand événement par téléphone, par fax, par e-mail, par satellite, que sais-je, par tous les moyens de transmission connus et existant à ce jour…
" Pierre, as-tu remarqué comme elle était en beauté, ce jour, vers les seize heures ? " (on ne dit plus : à l'heure de l'angelus) .
Dernièrement dans une file d'attente à la poste, je profitais bien de ces moments pour rêver, réfléchir, ou écouter tout simplement; à l'extérieur la lumière était superbe, fière , franche, droite et blanche, redonnant vie à la moindre feuille morte. Derrière moi , l'inconnue disait : " Ca ne durera pas, ils l'ont dit à la radio ". Et de soupirer, en chœur, elle et sa voisine…

En quittant le bureau de poste, j'ai regardé la lumière, comme la première fois. Elle était si généreuse que je m'en suis emplie les yeux, les neurones, l'âme. Je m'en suis gavée comme jamais : l'éphémère rend glouton . J'ai fait mes réserves pour les jours de disette, pour les deuils à venir, pour la partager, si nécessaire, avec les humains qui n'y ont pas encore recours.
Car, lorsque cette lumière vous surprend, encore plus qu'à l'accoutumée ; lorsqu'elle se pose tout près de vos yeux, à fleur de regard, à la limite de son ombre, toute en nuances presque arc-en ciel, vaporeuse et parfumée à vous en priver de souffle, au mieux de la beauté du monde, il ne reste plus de mots, il ne nous reste que le silence dans sa toute-puissance pour la valider, pour l'évoquer dans son mystère…

Ce soir, du fond de chaque regard s'échappait une petite lumière, et une quarantaine de lucioles se reconnaissaient entre elles. Un rituel très lumineux les avait introduites à la Vigne, en ce jour de la fête d'Amnesty International, en cette année qui se retire à pas feutrés… Il y avait urgence de beauté. C'est pourquoi, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous parlerons de l'ombre, plus tard … en 2005 , peut-être ?
Anne

 

 

 

Retour à la page d'accueil Ecrivez-nous