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Cette mystérieuse
« Plume de l’âme ».
En ce mois de novembre
où la lumière se révèle
plus nuancée et plus belle que jamais à
travers les roux, les ocres, les bruns mordorés
et les rouge carmin du végétal, il est
bon de s’arrêter au juste moment, là
où l’atmosphère commence à
vous faire frémir, où la beauté
vous fige dans sa violente douceur. Cette contemplation
stuporeuse, obligatoire, intemporelle vous ouvre alors,
inévitablement sur la grande question du sens
de l’existence, de l’essence de la vie…
Et comme existence rime avec souffrance et qu’il
y avait de ce sujet dans l’air, ce soir à
la VIGNE, me voilà focalisée sur elle,
sur la réflexion redondante qu’elle suscite
en cet instant.
Et toujours ce besoin, cette envie, ce désir
de partager avec vous ce que murmurent mes petites voix
qui me guident, me titillent ou me harcèlent
régulièrement, c’est selon, mais
qui laissent rarement mes neurones en repos, au risque
d’endormissements difficiles.
Je pense plus particulièrement aux souffrances
qui accompagnent les diverses crises de notre existence
provoquées par des événements douloureux,
par les incidents et accidents, ces choses de la vie
qui nous précipitent dans des états critiques,
plus ou moins chaotiques.
Mais ces crises peuvent être, tout simplement,
liées aux changements de cycles de vie. En cause
: le temps, ce grand fautif de notre société…
Et bien oui, ces changements biologiques créent
la crise, et à la crise s’annexe la souffrance.
J’en ai pour preuve que, si vous prêtiez
attention à la libellule, en ces moments initiatiques
où elle déploie ses ailes, elle gémit
doucement, et ce, jusqu’à la fin de sa
métamorphose… Mais, les biologistes ne
le savent pas…
Alors, trop d’êtres humains pensent qu’ils
n’ont aucune prise sur leur souffrance, trop de
gens pensent la crise néfaste… C’est
qu’elle est provocante cette souffrance, jusqu’à
nous pousser hors de nos retranchements ; c’est
qu’elle nous réveille bigrement de notre
torpeur. Mais que de maturation en perspective !
Je m’en retourne au cœur de mes livres, et
c’est à Christiane SINGER que j’emprunte
ce passage : « J’ai gagné la certitude,
en cours de route, que les catastrophes sont là
pour nous éviter le pire… Le pire, c’est
bel et bien d’avoir traversé la vie sans
naufrages, d’être resté à
la surface des choses, d’avoir dansé au
bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce
marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir
jamais été précipité dans
une autre dimension ».
Au-delà de notre souffrance se trouve une ressource
merveilleuse tapie au fond de nous, il s’agit
de la douceur. Rien ne nous empêche d’aller
à sa rencontre, de s’en vêtir, de
s’en imprégner, d’aller boire à
sa source.
Au fait, la douceur n’est rien d’autre qu’un
duvet, c’est la ‘plume de l’âme’
, et il serait peut-être bon d’en reparler
entre nous.
Amicalement Anne
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