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Petit billet vigneron…qui prolonge la réflexion de la Vigne de novembre 2003 dont le thème était : "Freud et Bouddha, deux regards sur la souffrance et deux manières de l’alléger "

Cette mystérieuse « Plume de l’âme ».


En ce mois de novembre où la lumière se révèle plus nuancée et plus belle que jamais à travers les roux, les ocres, les bruns mordorés et les rouge carmin du végétal, il est bon de s’arrêter au juste moment, là où l’atmosphère commence à vous faire frémir, où la beauté vous fige dans sa violente douceur. Cette contemplation stuporeuse, obligatoire, intemporelle vous ouvre alors, inévitablement sur la grande question du sens de l’existence, de l’essence de la vie…
Et comme existence rime avec souffrance et qu’il y avait de ce sujet dans l’air, ce soir à la VIGNE, me voilà focalisée sur elle, sur la réflexion redondante qu’elle suscite en cet instant.
Et toujours ce besoin, cette envie, ce désir de partager avec vous ce que murmurent mes petites voix qui me guident, me titillent ou me harcèlent régulièrement, c’est selon, mais qui laissent rarement mes neurones en repos, au risque d’endormissements difficiles.
Je pense plus particulièrement aux souffrances qui accompagnent les diverses crises de notre existence provoquées par des événements douloureux, par les incidents et accidents, ces choses de la vie qui nous précipitent dans des états critiques, plus ou moins chaotiques.
Mais ces crises peuvent être, tout simplement, liées aux changements de cycles de vie. En cause : le temps, ce grand fautif de notre société… Et bien oui, ces changements biologiques créent la crise, et à la crise s’annexe la souffrance. J’en ai pour preuve que, si vous prêtiez attention à la libellule, en ces moments initiatiques où elle déploie ses ailes, elle gémit doucement, et ce, jusqu’à la fin de sa métamorphose… Mais, les biologistes ne le savent pas…
Alors, trop d’êtres humains pensent qu’ils n’ont aucune prise sur leur souffrance, trop de gens pensent la crise néfaste… C’est qu’elle est provocante cette souffrance, jusqu’à nous pousser hors de nos retranchements ; c’est qu’elle nous réveille bigrement de notre torpeur. Mais que de maturation en perspective !
Je m’en retourne au cœur de mes livres, et c’est à Christiane SINGER que j’emprunte ce passage : « J’ai gagné la certitude, en cours de route, que les catastrophes sont là pour nous éviter le pire… Le pire, c’est bel et bien d’avoir traversé la vie sans naufrages, d’être resté à la surface des choses, d’avoir dansé au bal des ombres, d’avoir pataugé dans ce marécage des on-dit, des apparences, de n’avoir jamais été précipité dans une autre dimension ».
Au-delà de notre souffrance se trouve une ressource merveilleuse tapie au fond de nous, il s’agit de la douceur. Rien ne nous empêche d’aller à sa rencontre, de s’en vêtir, de s’en imprégner, d’aller boire à sa source.
Au fait, la douceur n’est rien d’autre qu’un duvet, c’est la ‘plume de l’âme’ , et il serait peut-être bon d’en reparler entre nous.
Amicalement Anne

 

 

 

 

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