Dans nos sociétés occidentales, dit la conférencière,
malgré un bien-être apparent, il existe encore
tant de précarité, de souffrances, et la
télévision déverse, lors du journal,
tant de catastrophes, qu'il est difficile de rire souvent.
Les statistiques montrent qu'un Français rit 6
fois par jour, alors qu'il riait 40 fois par jour avant
1940.
Le rire est pourtant une véritable thérapie
car il relâche la tension, il diminue et fait disparaître
le stress.
Le rire est un réflexe, il est provoqué
par différentes activités psychiques. Cette
émotion s'exprime par une suite de petites exclamations,
parfois c'est un éclat de rire sonore.
Dans l'Antiquité, Hippocrate insistait sur l'influence
considérable du rire sur la santé. Aristote
a dit (et plus tard Rabelais) : " Le rire est le
propre de l'homme ".
Rappelons cette histoire du Moyen Age : une jeune princesse,
blessée à la gorge par une arête,
parvient à la rejeter grâce au rire provoqué
par les grimaces et contorsions d'un jeune paysan.
Les rois avaient toujours auprès d'eux un bouffon
se permettant des réflexions comiques, parfois
insolentes qui les faisaient rire, ainsi que tous les
courtisans.
De nos jours, les clowns ont toujours beaucoup de succès.
On les trouve même en dehors du théâtre,
dans les rues et surtout dans les hôpitaux (les
cliniclowns). Ils jouent un rôle
magistral dans la guérison des enfants qui sont
pris par l'aspect ludique, ce qui leur fait oublier leurs
souffrances, et de plus ces clowns adoucissent l'inquiétude
des parents. Leur nez rouge est le plus petit déguisement.
Chez les Amérindiens, un sorcier grimace et se
contorsionne jusqu'à ce qu'il provoque un éclat
de rire du malade, et il continue ses séances jusqu'à
la guérison.
Le rire provoque des réactions physiques bienfaisantes.
Il fait travailler les muscles du visage (les zygomatiques),
ceux du cou, des bras ; le diaphragme sautille et stimule
l'estomac, d'où une bonne digestion.
Quand quelqu'un rit, ses poumons triplent de volume, sa
rate se dilate, son cur bas plus vite.
De plus les leptoneurones sont activés et le cerveau
crée le bien-être dans tout l'organisme,
car il est en rapport constant avec tous les organes.
Le rire provoque des catécholamines, hormone anti-stress.
Une substance,
" l'endorphine ", créée par le
cerveau, place celui qui rit dans un état de relaxation
comparable à celle produite par la morphine, ou
par d'autres tranquillisants.
Après une soirée joyeuse, l'insomniaque
est détendu et trouve un sommeil réparateur.
Dans le monde, il existe 2.500 clubs du rire.
Le rire est aussi le signe d'appartenance à
un groupe, une reconnaissance des autres avec
qui on partage un plaisir. Il se crée une complicité
bienfaisante.
Le rire est contagieux. Le fou rire est
parfois inextinguible. Citons les expressions : se tordre
de rire, mourir de rire, rire à s'en décrocher
la mâchoire.
Autrefois il y aurait eu des épidémies de
rire : le rire se serait répandu dans toute la
population d'un village, et avec des accalmies, l'épidémie
aurait duré plus de deux ans.
Le rire est un cadeau, le sourire est un présent.
Le sourire adoucit toutes les relations humaines.
Celui qui sourit évacue son stress, échappe
à la dépression. Il crée en lui-même
un état proche du bonheur, c'est-à-dire
le bien-être.
Il arrive que ce bien-être soit si puissant qu'on
sourie, même à son insu.
En Inde, les gens, même les enfants, pourtant si
pauvres, sourient beaucoup. Les statues de Bouddha ont
un large sourire apaisant, alors que le Christ n'a pas
été représenté avec un sourire.
Il faudrait non seulement rire avec les autres, mais aussi
pouvoir rire de soi-même. Mais dans ce cas, dit
un humoriste, on ne s'arrêterait plus de rire !
En conclusion, le rire augmente les défenses du
système immunitaire, qui pourra ainsi détruire
les virus et les parasites, et même produire des
cellules anticancéreuses.
La conférencière s'adresse à ses
auditeurs avec beaucoup de sensibilité et de
finesse humoristique.
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