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L'homme et l'abeille face aux lois de la nature
par Claude Denis, Apiculteur et Documentaliste
Mai 2006

L’abeille s’est merveilleusement adaptée et maintenue au cours de l’évolution : elle existait déjà il y a 40 millions d’années. On a retrouvé des traces de colonies datant de cette époque au nord de la Baltique.

Toue vie sur notre planète a besoin des 4 éléments pour perdurer : la terre, l’eau, le feu et l’air. Aristote y ajoutait le chaud et le froid, le sec et l’humide.

Une plante plonge ses racines dans la terre qui est la base de toute création.
L’eau nourrit les feuilles, elle est la source de vie.
Tout vivant en est imprégné. Le feu représente ce que la plante produit, ce sont les graines et les fruits, c’est une source d’amour.
L’air enveloppe les fleurs, recueille les odeurs, intensifie les couleurs, il donne un « esprit ».

Ces 4 éléments représentent la pyramide du Bien. Dans tout être vivant, existe aussi la pyramide du Mal ; les prédateurs font partie de la chaîne alimentaire, le vivant se nourrit du vivant, tout ce qui existe a aussi son contraire. C’est l’antithèse du bien et du mal, de l’amour et de la haine, de la vie et de la mort ; s’il y a du blanc, il y a aussi du noir…le yin et le yang, le point blanc dans le noir…

Tout ceci explique la 1° loi de la nature :
1) Loi de l’unité.
Tout fait un, mais un est dans tout ! Chaque abeille, chaque être est unique parmi tous les autres. De même une goutte de sang fait partie de tout le système qui irrigue un corps
2) Loi du mouvement.
Rien n’est statique. Tout être se développe, grandit pour atteindre la forme proche d’une sphère (comme beaucoup de fruits) et meurt. L’évolution est permanente et rien ne perdure comme tel. Si les abeilles d’une ruche n’ont plus assez de pollen dans leur zone, elles essaimeront et partiront plus loin. De même les humains trop pauvres et qui sont dans la misère émigrent et viennent où ils croient trouver de quoi survivre, c’est le cas avec les exodes (souvent au péril de leur vie) de gens de l’Amérique du sud ( + Cuba, Mexique…) vers les USA, ainsi que, les Africains, les peuples de l’Europe de l’Est vers nos régions d’Europe Occidentale.
3) Loi de l’équilibre.
Si une ruche parmi d’autres devient plus faible, les autres colonies viennent pour tuer et piller la ruche faible ou malade. La nature privilégie la force et la santé pour que perdure l’espèce la meilleure et les éléments les plus forts. Le faible est sacrifié pour le bien de l’espèce. De même des populations en surnombre se détruisent. Dans les troupeaux les animaux faibles, malades ou vieux traînent en queue de groupe, ils courent moins vite et seront capturés par les prédateurs.
4) Loi de cause à effet.
Ici l’homme porte une lourde responsabilité car, de sa faute, le nombre d’abeilles diminue fortement. L’homme répand inconsidérément des pesticides comme le gaucho ou le régent qui atteignent les fleurs, le pollen est donc contaminé avec comme coséquences mortalité, perte du sens de l’orientation, malformations…mort des jeunes larves.
Pourtant les abeilles sont organisées pour durer comme une société communiste, toutes travaillent pour le bien de la ruche : un tiers des abeilles nourrit les larves, un tiers récolte le pollen, un tiers défend et entretient la ruche, chacune a sa tâche selon son âge et ses capacités.
Les abeilles doivent être manipulées avec douceur, elles n’oublient pas la façon dont on les traite.
La pollution augmente et nuit fortement aux abeilles. C’est un signal d’alarme.
5) Loi de l’affinité.
Toute espèce sait d’instinct de quoi elle a besoin pour vivre. L’idéal est se nourrir des produits de sa région, le corps y est habitué, ainsi que de vivre dans le climat où on est né. Un Africain qui vient vivre en Europe est désavantagé et doit veiller à sa santé, manque de soleil, température plus froide, autre nourriture…De même les abeilles ont besoin du pollen de leur région.
Notre planète fait partie fait partie d’un système solaire et même galactique. Le tournesol place ses graines dans le sens du mouvement de Vénus autour du soleil.

La société des abeilles est une société idéale : chacune travaille jusqu’à sa mort pour le bien de la ruche, pour les générations futures, pour l’espèce. Tout est organisé, planifié, pas de violence ni d’intérêt personnel, pas de profit, « pas de chômage ». Chaque abeille est programmée pour être au service de sa ruche. Ceci explique la durée de l’espèce à travers les temps.

Cette conférence stimule les réflexions et soulève des questions capitales concernant notre vie et notre société : allons-nous attendre sans réagir une catastrophe naturelle avec les problèmes de pollution, de réchauffement planétaire, de surpopulation… ? Ne faut-il penser qu’au profit immédiat ? Vers où nous mènent les sociétés capitalistes et l’économie de marcher basées sur profit et individualisme ? L’homme peut-il relever ce défi avant qu’il ne soit trop tard ?

La Nature doit être préservée, les abeilles en sont le baromètre…la survie de la race humaine en dépend…

 


 

 

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