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C’est à une promenade
très érudite que le conférencier
nous a conviés, une promenade dans l’histoire
de l’hédonisme qui commence dans l’antiquité
grecque…et qui veut réhabiliter le corps
et ses cinq sens comme source de plaisir.
Bref rappel des quatre principes de l’hédonisme
selon Epicure :
-ne pas craindre les dieux
-ne pas craindre la mort
-savoir que le bonheur est possible
-savoir que la douleur peut être maîtrisée
Michel Onfray, à travers ses
écrits, nous convie à jouir de la beauté
de l’instant présent, sans regret stérile
pour le passé et sans crainte du futur.
Le philosophe a souffert d’un infarctus à
l’âge de 28 ans et depuis lors, il a décidé
de jouir à fond de tous les plaisirs de la vie
(à l’hôpital, face à l’infirmière
quasi anorexique qui le soignait, il insiste sur l’importance
du beurre face à la margarine… ! un leit-motiv
qu’il reprendra souvent comme un symbole de plaisir
de vivre.) Il a notamment écrit « L’invention
du plaisir » et « L’art de jouir ».
Quand l’être humain est devenu conscient
de la précarité de son existence, il s’est
tourné vers les dieux et les religions, il a
dû alors obéir à toutes sortes d’interdictions
et il a été amené à mépriser
le corps qui devenait la source de tous les maux et
le frein à la spiritualité.
De nombreux philosophes, dont Platon,
prônaient l’élévation de l’âme
et rejetaient les plaisirs du corps. Platon considérait
Aristippe de Cyrène et Diogène le Cynique
comme des êtres méprisables et de dangereux
corrupteurs.
Aristippe, né en 430 ACN fonde l’Ecole
Cyrénaïque ou Hédonistique. Il vivait
à la cour du tyran Denis de Syracuse, mais il
était très indépendant et pas du
tout courtisan, il avait l’habitude de dire que
entre le pouvoir et l’esclavage, il traçait
son chemin de liberté…Il suit d’abord
les leçons de Socrate, mais
veut donner un caractère pratique à la
philosophie.
Le bonheur est, dit-il, dans
le plaisir quel qu’il soit, où qu’il
soit, mais il faut en demeurer maître. La
liberté, c’est la satisfaction
des désirs, mais ceci ne peut jamais entraîner
des conséquences douloureuses et néfastes
pour soi et pour les autres. De sérieux garde-fous,
on en conviendra…
Beaucoup de philosophes, dont Pascal,
Rousseau, Freud, ont reconnu l’importance du corps
dans la philosophie, puisque c’est avec le corps
que nous ressentons et exprimons tout ce que la vie
nous donne et… nous fait subir.
Descartes a écrit un traité où
il étudie l’importance de nos réactions
physiques et leurs influences sur notre état
d’esprit. La Mettrie abandonne la théologie
pour la médecine. Il écrit « L’Homme-machine
» en 1748 où il examine les conduites mécaniques
de l’homme. Au 18ème S., Diderot nous conseille
de jouir du moment présent : « les plaisirs
rendent les hommes bons, la vie trop austère
rend les hommes tristes et méchants ».
Michel Onfray nous invite à jouir
de la vie grâce à nos sens
: la beauté de la nature, les fleurs, les fruits,
la saveur de la nourriture, les boissons agréables,
les images créées par la musique, la joie
d’apprendre et de connaître de nouvelles
choses, d’autres pays, la délicatesse des
amitiés , le désir et le bonheur d’aimer,
de procréer. Mais toujours selon une éthique
qui protège des situations extrêmes, celles
qui minent le corps et laissent douleur et amertume
(risques inutiles, drogues, alcoolisme..)
« In medio virtus », il propose là
une redécouverte de l’hédonisme
qui séduit de plus en plus nos contemporains…
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