Christian fut l’élément déclencheur
! Il a convaincu un groupe d’amis de la Vigne
de monter un petit spectacle sur le thème de
l’écoute, de la communication difficile,
sur l’amour que cela requiert…Des poèmes
créés, des extraits peu connus interprétés
avec talent et amour. Autant de ferments de réflexions.
Philou et son accordéon nous plonge dès
le début dans une atmosphère de rêve.
Les morceaux de musique sont choisis, comme une respiration,
ils sont originaux et mettent en valeur des textes
étonnants et bien préparés. Ils
suscitent une écoute souriante et attentive,
un recueillement, parfois.
Le premier texte, dit avec sensibilité par
Jean-Claude, indique le thème :
la difficulté de communication
entre les humains, même entre ceux qui s’aiment
le plus. Il est difficile d’écouter l’autre
sans l’interrompre, sans le juger. Entre celui
qui parle et celui qui est sensé écouter,
il y a souvent de nombreuses raisons à une
dangereuse incompréhension, les préjugés,
le fait entendre ce que l’on veut et pas ce
qui est dit, sans évoquer tous les filtres
culturels…et le souci de reprendre vite la parole
!
Les deux lutins nous le montrent par leurs mimiques
très expressives, leurs essais de communication,
leur rejet puis leur acceptation d’un pas
vers l’amitié.
Leur apparition entre deux textes donne une note de
fantaisie et ajoute de l’animation à
la fois spontanée, irréelle et empreinte
de la pureté du monde de l’enfance.
Plusieurs textes expriment notre grande aspiration
à être aimés pour ce
que nous sommes, pour notre vie intérieure
et pour toujours comme l'exprime le texte de Christine
Dumont interprété par Mary :
« Pourrez-vous m’aimer ? ».
Gisèle nous rappelle que chacun a l’occasion
de s’émerveiller en contemplant des choses
simples qui expriment tant de beauté : les
fleurs, des enfants, la nature…
Gisèle et Philou nous interprètent avec
brio la fable des « chauds doudous »
pour qu’ils ne deviennent pas des «
froids piquants »…
Certains textes sont interprétés sous
forme de dialogue où deux idées s’affrontent,
cela nous rappelle que être à l’écoute
de celui qui a des idées différentes
peut se révéler très enrichissant
car cela stimule la réflexion. En effet, «
Sus à l’intolérance ! »
Nous sommes interpellés par l’extrait
du « Petit Singe » de Jean-Robert sur
Œdipe et son acte manqué, si bien rendu
par Jean-Luc.
Ce qui frappe le plus le spectateur, c’est
que chaque récitant s’exprime avec une
grande sensibilité, avec tout son cœur,
ce qui est dit touche et émeut. Tous ces désirs,
ces peurs, ces élans, ces peines existent en
chacun, au plus profond de nous et c’est ce
qui nous rend capables de compassion, d’amitié,
d’amour. C’est l’expression de notre
condition humaine, de notre idéal, de notre
fragilité aussi, de notre lutte incessante
pour nous adapter sans cesse à un monde qui
change sans cesse.
Ce spectacle a su créer une ambiance chaleureuse
et fraternelle car il a été bâti
avec amour et entre-aide, il a suscité une
réflexion profonde et de nombreux « rapporteurs
» qui ont enrichi la soirée.
Merci aux Baladeurs d’Idées…et
à la prochaine…