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Juste avant le début de la conférence, l'irruption
surprenante des 4 frères Dalton, affublés
de leurs costumes rayés de bagnards, bien maquillés
et armés de révolvers, a plongé les
auditeurs dans une ambiance joyeuse. Ils réclament
la caisse de La Vigne et veulent des dollars, Averell
les suit, serviette au cou et fourchette brandie.
Le conférencier, accompagné d'un jeune
historien Marc Dubrovsky, nous développe le titre
de son exposé. Dans une sorte de duo humoristique,
ils vont nous faire découvrir des notions philosophiques
essentielles. C'est une caricature d'exposé philosophique
qui révèle tout un questionnement.
Le " phénomène " est
ce qui apparaît à la conscience, objectivement.
Mais chaque être voit la réalité
selon son tempérament, selon ses cinq sens et
ses préjugés et trace ainsi sa voie. Il
fait ses choix qui formeront sa destinée.
Le " Dasein " c'est le fait d'être
là, dans son univers créé.
Il est difficile de comprendre le monde, mais le plus
difficile à comprendre c'est l'homme. Car l'homme
a ses pensées, il a sa réalité
à lui qui doit s'adapter à la réalité
du monde. Il peut croire que son destin est déterminé
dès sa naissance. Cependant, il aura des choix
à faire.
Il peut penser, comme Camus, que la vie est absurde
puisqu'il doit mourir. Dans son uvre " L'être
et le néant ", Sartre analyse l'existence
humaine. D'ailleurs, si nous évoquons la chanson
de Joe Dassin sur les Dalton : " tagada tagada
voilà les Dalton !, tagada, tagada y a plus person
! " nous en revenons à " l'être
et le néant " !!!.
Les Dalton qui reviennent d'une manière récurrente
dans l'oeuvre " Morriso-Goscinnyenne " sont
les cousins des véritables Dalton, tués
par Lucky Luke, ils veulent donc venger leurs prestigieux
cousins, c'est la résurrection du mythe.
Lucky Luke n'existe que grâce aux Dalton qui,
sont des personnages méchants, agressifs, ils
ont toujours provoqué l'inquiétude, ils
sont les ferments du chaos mais ils captent l'intérêt
du lecteur. Ces personnages représentent la lutte
éternelle de forces du Mal contre celles du Bien
et le Bien triomphe dans l'humour.
Le personnage de Lucky Luke est déstructuré
:il incarne la loi, le bon droit, il est le symbole
du père protecteur, il est sûr de lui,
" tire plus vite que son ombre " mais il ne
tue pas les Dalton, il les jette en prison, on dirait
que c'est sa principale mission, son sens à la
vie . Son révolver auquel il s'identifie est
un symbole phallique.
En effet, sans eux, il n'aurait pas de raison d'être.
Il a un problème d'identification et n'a
pas les projets d'un être humain : il ne pourrait
avoir une femme et une famille et après chaque
aventure, il redevient le pauvre cow-boy solitaire qu'il
chante rituellement à la dernière image.
A travers tous les épisodes, il n'y a d'ailleurs
que peu de femmes qui ont une certaine personnalité,
à part Calamity Jane, qui est très masculine
et qui fut complice de Lucky. Les filles de salon sont
des objets sans fondement psychologique.
Luky Luke représente le sur-moi , tandis
que les Dalton représentent le ça,
c'est à dire tous les besoins primaires d'ordre
matériel.
Joe, l'aîné et le plus petit est
le chef, au caractère féroce, il organise
tout, il ne pense qu'à voler et tuer, il hait
Lucky Luke et se met sans cesse en colère, il
frappe souvent Averell qui lui est le plus jeune
et le plus grand, sans cervelle, il est obsédé
par tout ce qui se mange, ce sont deux contraires. Jack
et William se confondent car ils obéissent
à Joe et les deux phrases qu'ils prononcent le
plus souvent sont : " du calme Joe ! " et
" Tais-toi , Averell ".
Joe souffre d'une jalousie infantile même quand
il s'agit de Ma Dalton, leur mère qui montre
pour Averell, , une énorme préférence.
Averell est très naïf et toujours affamé.
Il n'a pas la capacité de juger si ce qu'il fait
est bien ou mal. Il n'a pas évolué et
est resté au stade " oral "
Ma Dalton représente à la fois
le père et la mère, elle est très
masculine.
Les quatre frères ont un problème d'identification,
ils portent toujours des vêtements identiques,
même quand ils se déguisent.
Quant aux shériffs, ils sont tous incapables
et terrorisés par les Dalton. Il y a là
une satire de notre société.
Un personnage qui n'a pas de problème d'identification,
c'est le cheval
" Joly Jumper " il est épanoui
et plein d'humour . Le chien Rantanplan, en opposition,
représente la bêtise même s' il est
loyal.
Le véritable humain serait-ce un cheval ?
Il exécute parfaitement toutes les tâches
que Lucky Luke exige de lui (même jouer aux échecs
!), et ses réflexions sont toujours lucides (par
ex : sur le chien Rantanplan). Sa compréhension
et son dévouement pour son maître sont
étonnantes.
Cette conférence très humoristique, ponctuée
par les réflexions des 4 frères plus vrais
que nature, a créé un climat très
joyeux.
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