Le conférencier a une grande expérience
du terrain car il est en contact avec beaucoup d'éducateurs
des " enfants des rues " dans de nombreux pays.
" Dynamo International " a débuté
par un petit groupe d'élèves caractériels
du conférencier ; ils formaient une petite équipe
de cyclotourisme.
Il fait une distinction entre :
1. les enfants de la rue, qui passent un certain nombre
d'heures dans la rue ils travaillent pour aider leurs
parents à nourrir la famille et sont donc privés
de l'éducation scolaire à laquelle ils
ont droit ;
2. les enfants de la rue, qui vivent nuit et jour dans
la rue. Certains sont très jeunes. Les plus âgés
ont plus ou moins 18 ans.
3. les enfants fugueurs, qui disparaissent quelques
jours ou quelques années, mais réintègrent
le foyer familial.
En 1980, il y avait 30 millions d'enfants des rues.
En 2004, il y en a 120 millions.
Pourquoi cette augmentation ?
Dans la plupart des pays du sud, la cause essentielle
est la pauvreté et la précarité
sociale. L'enfant s'intègre à un groupe
qui devient son environnement social, sa " nouvelle
famille ". Il est d'abord dépouillé
de tout ce qu'il possède par les plus âgés,
puis doit accepter la loi du groupe. Parfois il est
un souffre-douleur, mais parfois la solidarité
joue le premier rôle, et il est protégé
par le groupe.
Dans tous les pays, une des causes du rejet du noyau
familial est la destruction du noyau famillial, et la
maltraitance, l'exploitation des enfants.
L'enfant trouve plus de bien-être dans les relations
avec le groupe, " entre eux " que dans les
rapports qu'il a, par exemple, avec un beau-père
violent.
Comment devient-il un enfant des rues ?
1. D'abord l'enfant fait partie d'un groupe, mais il
dort chez lui.
2. Il passe plusieurs jours avec le groupe, puis rentre
chez ses parents et repart de nouveau après quelques
jours. Il est parfois carrément chassé
de chez lui.
3. Quand il a goûté à la liberté,
même avec toutes les difficultés qu'il
rencontre pour survivre, il ne peut plus admettre l'autorité
des parents ou d'autres adultes.
4. Il trouve des petits jobs, mais est souvent une victime
(il travaille 12 heures par jour ou il est soumis à
la prostitution). Cependant cette exploitation est acceptée
parce qu'il est son propre maître.
Au Congo, à Kinshasa, il y a plus de 900 églises
et sectes. La plupart s'occupent d'exorcismes. Si quelque
chose ne va pas bien dans une famille, c'est que quelqu'un
lui veut du mal et lui a jeté un sort.
Le désenvoûtement de l'enfant-sorcier (payé
en dollars) a lieu, mais si les choses ne vont pas mieux,
l'enfant est exécuté ou chassé.
Au Brésil, des commerçants paient des
milices privées pour faire disparaître
des bandes d'enfants des rues. Il n'est pas question
ici de gangs organisés, mais de groupes qui tâchent
de survivre grâce à des petits métiers.
Evidemment, partout ces groupes se heurtent à
l'Etat, aux institutions qu'ils rejettent.
Dans notre société occidentale, l'enfant
est considéré comme une idole, car il
représente l'innocence, le manque de contrainte
sociale. Il est aussi fragile et doit donc être
protégé.
Nous désirons prolonger notre enfance, rester
toute la vie un enfant, être un " adulte-enfant
" sans la contrainte d'autres adultes. L'adulte
infantile devient un être égoïste
qui ne sait plus s'occuper des autres et fuit ses responsabilités.
Dans notre société il devient de plus
en plus difficile de vivre avec les autres à
cause de ce désir d'individualisme et de cette
irresponsabilité.
D'abord la responsabilité juridique : si nous
agissons mal, nous devons savoir qu'il y aura des conséquences,
et un jour nous devrons payer car nous serons sanctionnés.
Dans la vie quotidienne, c'est la responsabilité
éthique. Des petites choses peuvent entraîner
des conséquences dramatiques.
Il faut bien assumer (par ex. : si nous sommes coupables
d'un accident).
Mais ce qui nous menace tous dans notre société
économique dominée par l'argent, c'est
la déshumanisation. Ainsi, quand quelqu'un a
eu un accident, certains posent la question : "
Etait-il assuré ? " alors que la question
fondamentale est de savoir si quelqu'un est blessé
ou tué.
On reconnaît la maturation d'une société
à l'éducation qu'elle donne à ses
enfants.
Un enfant doit recevoir la solide éducation d'un
être responsable, car c'est lui qui représente
l'avenir de la société.
Le conférencier, qui est vraiment concerné
par le sort de ces innombrables victimes vivant en marge
de la société, a créé chez
les auditeurs une réelle émotion.
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