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Enfants des rues et Blessures d'enfance...
par Edwin de Boevé
Le conférencier a une grande expérience du terrain car il est en contact avec beaucoup d'éducateurs des " enfants des rues " dans de nombreux pays.
" Dynamo International " a débuté par un petit groupe d'élèves caractériels du conférencier ; ils formaient une petite équipe de cyclotourisme.

Il fait une distinction entre :
1. les enfants de la rue, qui passent un certain nombre d'heures dans la rue ils travaillent pour aider leurs parents à nourrir la famille et sont donc privés de l'éducation scolaire à laquelle ils ont droit ;
2. les enfants de la rue, qui vivent nuit et jour dans la rue. Certains sont très jeunes. Les plus âgés ont plus ou moins 18 ans.
3. les enfants fugueurs, qui disparaissent quelques jours ou quelques années, mais réintègrent le foyer familial.
En 1980, il y avait 30 millions d'enfants des rues.
En 2004, il y en a 120 millions.
Pourquoi cette augmentation ?
Dans la plupart des pays du sud, la cause essentielle est la pauvreté et la précarité sociale. L'enfant s'intègre à un groupe qui devient son environnement social, sa " nouvelle famille ". Il est d'abord dépouillé de tout ce qu'il possède par les plus âgés, puis doit accepter la loi du groupe. Parfois il est un souffre-douleur, mais parfois la solidarité joue le premier rôle, et il est protégé par le groupe.
Dans tous les pays, une des causes du rejet du noyau familial est la destruction du noyau famillial, et la maltraitance, l'exploitation des enfants.
L'enfant trouve plus de bien-être dans les relations avec le groupe, " entre eux " que dans les rapports qu'il a, par exemple, avec un beau-père violent.

Comment devient-il un enfant des rues ?
1. D'abord l'enfant fait partie d'un groupe, mais il dort chez lui.
2. Il passe plusieurs jours avec le groupe, puis rentre chez ses parents et repart de nouveau après quelques jours. Il est parfois carrément chassé de chez lui.
3. Quand il a goûté à la liberté, même avec toutes les difficultés qu'il rencontre pour survivre, il ne peut plus admettre l'autorité des parents ou d'autres adultes.
4. Il trouve des petits jobs, mais est souvent une victime (il travaille 12 heures par jour ou il est soumis à la prostitution). Cependant cette exploitation est acceptée parce qu'il est son propre maître.

Au Congo, à Kinshasa, il y a plus de 900 églises et sectes. La plupart s'occupent d'exorcismes. Si quelque chose ne va pas bien dans une famille, c'est que quelqu'un lui veut du mal et lui a jeté un sort.
Le désenvoûtement de l'enfant-sorcier (payé en dollars) a lieu, mais si les choses ne vont pas mieux, l'enfant est exécuté ou chassé.

Au Brésil, des commerçants paient des milices privées pour faire disparaître des bandes d'enfants des rues. Il n'est pas question ici de gangs organisés, mais de groupes qui tâchent de survivre grâce à des petits métiers. Evidemment, partout ces groupes se heurtent à l'Etat, aux institutions qu'ils rejettent.

Dans notre société occidentale, l'enfant est considéré comme une idole, car il représente l'innocence, le manque de contrainte sociale. Il est aussi fragile et doit donc être protégé.
Nous désirons prolonger notre enfance, rester toute la vie un enfant, être un " adulte-enfant " sans la contrainte d'autres adultes. L'adulte infantile devient un être égoïste qui ne sait plus s'occuper des autres et fuit ses responsabilités.
Dans notre société il devient de plus en plus difficile de vivre avec les autres à cause de ce désir d'individualisme et de cette irresponsabilité.
D'abord la responsabilité juridique : si nous agissons mal, nous devons savoir qu'il y aura des conséquences, et un jour nous devrons payer car nous serons sanctionnés.
Dans la vie quotidienne, c'est la responsabilité éthique. Des petites choses peuvent entraîner des conséquences dramatiques.
Il faut bien assumer (par ex. : si nous sommes coupables d'un accident).
Mais ce qui nous menace tous dans notre société économique dominée par l'argent, c'est la déshumanisation. Ainsi, quand quelqu'un a eu un accident, certains posent la question : " Etait-il assuré ? " alors que la question fondamentale est de savoir si quelqu'un est blessé ou tué.
On reconnaît la maturation d'une société à l'éducation qu'elle donne à ses enfants.
Un enfant doit recevoir la solide éducation d'un être responsable, car c'est lui qui représente l'avenir de la société.

Le conférencier, qui est vraiment concerné par le sort de ces innombrables victimes vivant en marge de la société, a créé chez les auditeurs une réelle émotion.

 

 

 

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