Le public, en nombre ce soir, est
captivé par le conteur, car Paul, en acteur chevronné,
dramatise ses récits, tant il est expressif,
il donne une vie intense à ses personnages et
aux situations qu’ils vivent !
Voici le résumé de
six contes
:
1) C’est l’histoire du
tailleur
de pierres, mécontent de son sort,
qui, grâce à une fée, devient roi
car il cherche la puissance, puis il devient soleil
(plus fort que le roi), puis nuage, vent, montagne…
mais il n’est jamais satisfait jusqu’au
jour ou il voit le tailleur de pierres au pied de la
montagne.
Leçon : il fait savoir se contenter
de ce que l’on a et en voir les avantages, chercher
la puissance est dangereux car on trouve toujours plus
puissant que soi.
2) Un laboureur qui a un
petit bien ne peut le partager entre ses trois fils.
Il donne un sou à chacun d’eux et leur
demande de revenir le soir dans une cabane en apportant
de quoi la remplir. Le premier rapporte une botte
de foin, la cabane est à moitié remplie
; le second rapporte un sac de plumes : elle est presque
remplie ; le troisième rapporte une bougie
: il l’allume et la lumière emplit entièrement
la cabane.
Leçon : les deux premiers
fils ont apporté des biens matériels,
le troisième a apporté le confort, la
beauté, une sorte de bien-être spirituel.
Opposition entre l’Avoir et l’Être
: devons-nous chercher à acquérir des
biens, ou à nous élever par l’esprit
?
3) Dans un pays sans soleil,
le conteur décrit les merveilles des pays ensoleillés
et il dit qu’il fait attendre le soleil. Comment
? Chacun à sa façon : comme la jeune
fille qui attend des lettres de son fiancé,
comme le boulanger qui attend le moment ou le pain
est cuit… Le conteur devient roi, le roi devient
veilleur de nuit et le soleil vient chaque jour car
il est attendu.
Leçon : chacun a une attente
différente du bonheur et a des aspirations
variées. Le roi se dévoue pour ses sujets,
il veille. Le conteur apporte de la féerie
et de l’espoir. Mais on ne peut attendre, envier
que quelque chose que l’on connaît.
4) C’est l’histoire d’une
petite fille qui a habite dans une grande
maison avec un vaste jardin. Son père lui donne
une petite surface ou elle pourra planter et cultiver
ce qu’elle voudra. Comme elle souhaite des fleurs
très lumineuses, elle plante avec soin une
ampoule électrique. Mais rien ne pousse ! Alors
elle plante des fleurs comme tout le monde. Ses parents
déménagent. Bien plus tard, devenue
une jeune femme, elle revient dans son ancien quartier
: sa maison est devenue un building ; à la
place de son jardin, il y a un banc, et à côté,
un réverbère. Soin rêve d’enfant
s’est réalisé !
Leçon : elle désirait
quelque chose d’impossible, et s’est contentée
d’une vie comme tout le monde. Plus tard, tout
a évolué et – ironie du sort-
à la place ou elle aurait voulu voir l’ampoule
donner des fleurs lumineuses, il y a un grand réverbère.
La magie de l’enfance se réalise parfois
beaucoup plus tard.
5) C’est l’histoire de l’homme
qui marche, il a tellement marché,
et beaucoup lu mais il cherche encore à savoir,
il monte des escaliers qui disparaissent derrière
lui, il escalade une montagne, il est fatigué
et déçu. Arrivé au sommet de
la montagne, il ne trouve qu’une vieille échelle.
Il l’a place sur son dos avec un gros effort,
il l’a dresse, et tout à coup un ange
descend de l’échelle et lui dit qu’il
l’attend depuis longtemps.
Leçon : c’est toute
la vie de l’homme, ses recherches, ses soucis,
ses labeurs, ses énormes peines… Mais
un ange l’attend qui le protègera et
l’aimera, une sorte de récompense spirituelle.
6) C’est l’histoire de la
femme qui cherche la Vérité.
Elle arrive à une cabane en ruine. Sur la porte
est écrit : « La Vérité
». Elle y trouve une vieille femme très
ridée, assez repoussante. Elle discute ensemble
longtemps, et la femme décide de revenir plus
tard. « Si on me demande comment vous êtes,
que dois-je dire ? » demande-t-elle. La vieille
répond : « Dis-leur que je suis belle
! »
Leçon : la Vérité
sait qu’elle est laide mais elle veut être
belle aux yeux de tous. Chacun a en soi un désir
de justification. On ne peut trouver la Vérité,
elle est inaccessible, à moins qu’il
ne s’agisse de la beauté intérieure
?
Conclusions : pour être
heureux, il faut connaître ce que l’on
désire atteindre, ne pas chercher l’impossible,
savoir rester dans la réalité et dans
les limites de ses possibilités. C’est
à la fois simple et profond.