Notre but
L'équipe
Historique
En pratique
Sites favoris
Agenda
Mines d'étincelles
Thèmes abordés
Nos vins sélectionnés
Créations
Notre "chais-nous"
Photos du mois
L'album
 

La Philosophie de l'absurde. Peut-on imaginer Sisyphe heureux?
par Françis Martinet, philologue, spécialiste de Camus.

Pour bien comprendre Albert Camus, il faut connaître sa vie. Né en 1913, en Algérie, il perd son père, puis devient tuberculeux à l’âge de 17 ans. Il mourra dans un accident d’auto à 46 ans.
Très jeune, il est confronté à la souffrance et à la mort.
Il écrit plusieurs romans : « La Peste », « L’Etranger », « La Chute », plusieurs pièces de théâtre et un essai « Le Mythe de Sisyphe ».
Il est très ému par les douleurs que les humains doivent supporter et ne peut admettre, comme les Chrétiens, que la souffrance existe pour élever l’âme. Il se révolte et refuse l’espoir d’une vie future. Il ne croit pas à l’existence d’un Dieu qui serait insensible à la misère du monde. Pour lui, la mort est la suprême injustice.
Est-ce un existentialiste ? Dans l’existentialisme, « l’existence précède l’essence », selon Sartre. L’homme doit donc choisir sa vie, se construire lui-même, comme le dit Sóren Kierkegaard, qui l’a beaucoup influencé.
Dans « l’Etranger », Meursault est indifférent à tout, il est pris dans l’enchevêtrement du quotidien, il en sort parce qu’il tue un Arabe, par hasard, il est jugé et condamné à mort. Tout cela sans savoir pourquoi. C’est une suite d’actes absurdes. Il est étranger à lui-même.
Dans «Caligula », après la mort de sa sœur, le héros se révolte et se tourne vers le mal.
Au contraire, dans « La Peste », le Docteur Rieux se dévoue pour soigner les malades, car leurs souffrances le révoltent …. et il est solidaire du drame vécu par chacun.
La vie de l’homme est absurde = c’est un éternel recommencement qui aboutit à la mort.
A quoi bon tous ces efforts inutiles ? Cependant, le suicide ne résout rien puisque, s’il supprime l’absurde, il supprime aussi l’être lui-même.
Il faut donc se révolter et lutter avec lucidité – et c’est dans cette lutte toujours renouvelée que réside la dignité humaine. C’est dans ces victoires sur lui-même que l’homme trouvera un sens à sa vie : sa vie dont il est seul responsable.
Camus cite 4 types de l’homme absurde :
1. Don Juan , qui a aimé toutes les femmes, sans atteindre l’amour ;
2. Le comédien : nous sommes tous des comédiens, car nous jouons souvent un rôle qui ne correspond pas à nos sentiments ;
3. Le conquérant, qui veut toujours vaincre et imposer sa loi. (C’était le début de la puissance de Hitler. Camus adopte le communisme, puis le quitte à cause de ses visées totalitaires).
4. Sisyphe, qui pousse un rocher jusqu’au sommet de la montagne. Puis ce rocher roule tout au fond de la vallée et Sisyphe doit le remonter jusqu’au sommet. C’est l’image de chacun de nous.
Cependant, au bout d’un certain temps, Sisyphe est heureux car c’est ainsi qu’il développe sa lucidité, son courage – qu’il triomphe de terribles difficultés. Il prend conscience de sa force, de ses capacités et des valeurs de la vie. La seule vie qu’il doit vivre, puisqu’il ne croit pas à l’au-delà, doit être très positive, elle ne peut pas être stérile. Il faut aussi pouvoir aimer (Camus s’est marié deux fois).
L’homme est amené à aider les autres êtres humains qui subissent les mêmes contraintes et les mêmes injustices. Il dit : « Je me révolte, donc nous sommes ! »

Le conférencier, qui a fait une étude très fouillée de l’œuvre de Camus, est très applaudi.

 

 

 

 

Retour à la page d'accueil Ecrivez-nous