Le conférencier s’est vivement intéressé,
à l’œuvre de Rudolf Steiner, un
philosophe allemand décédé en
1925, car il y a trouvé des réponses
aux questions qu’il se posait. Steiner a étendu
ses investigations dans de nombreux domaines comme
l’enseignement (les écoles Steiner),
l’agriculture (la culture en bio-dynamie), la
médecine.
Un enfant, dès son tout jeune âge reproduit
dans son développement les différents
stades de l’évolution de l’humanité
(l’enfant vit dans un milieu aqueux dans sa
vie intra utérine comme un poisson) ; mis au
monde, il est totalement dépendant de ses parents
; il va s’en affranchir progressivement tout
comme l’être humain s’est affranchi
de l’intelligence cosmique ; depuis le 15ème
siècle, nous commençons à prendre
conscience de notre individualité divine
et de notre capacité de collaborer avec cette
intelligence.
Les civilisations se sont succédé, chacune
apportant sa spécificité à
l’évolution de l’humanité.
• Lors de la civilisation égyptienne,
la connaissance s’exprimait par des images.
• Avec les philosophes grecs comme Socrate,
Platon, Aristote, la faculté de penser se développe
avec l’usage du concept.
• Lors de la civilisation romaine, la conscience
de soi s’accentue, l’homme devient un
« citoyen » et se donne des lois écrites.
Et l’Univers ? Steiner suit la recommandation
de Socrate : « Tourne ton âme vers ton
être divin intérieur (Daïmonos)
et celui-ci te révélera la vérité
sous forme de pensée, tu auras la connaissance
de l’univers ».
Notre âme, c’est notre capacité
de penser, de sentir et d’agir.
Notre être divin intérieur
d’après R. Steiner nous vient de l’Intelligence
Cosmique, qui a pénétré en nous
et dont nous faisons partie. En effet, l’univers
est régi par des lois si complexes qu’il
est impossible d’imaginer qu’il n’y
ait pas une intelligence créatrice à
la base de tout ce qui existe. C’est ainsi que
l’on peut dire que l’œuvre de R.
Steiner consiste à présenter un élargissement
spirituel aux connaissances matérielles (celles
de nos universités actuelles). Tous les hommes
sont remplis de cette même et unique sagesse,
on peut dire que le règne minéral, le
règne végétal et le règne
animal existent pour que le règne humain puisse
se développer.
Au début, l’homme ne pouvait vivre que
par le groupe auquel il appartenait, il était
dans une conscience de groupe obscure non intériorisée.
Petit à petit, l’homme s’est séparé
de cette sagesse primitive sous l’impulsion
des êtres lucifériens, il a acquis
une conscience de son individualité et une
liberté plus grande. Le libre-arbitre s’est
fait jour.
En corollaire, il est entré dans un processus
d’affaiblissement de ses liens avec la sagesse
cosmique et intuitive. Le projet de cette sagesse
pour l’homme était qu’il devienne
un être conscient d’exister en
tant qu’individualité.
Mais il a commis des erreurs de comportement dus à
son égo, lui apportant souffrances et maladies,
sortes d’effets « boomerang » de
sa démarche individualiste voire orgueilleuse.
La conscience de soi a dérapé vers un
égocentrisme outrancier et s’est fixé
sur le monde de la matière qu’il voulait
posséder et domestiquer. Cette démarche
a entravé le développement d’une
nouvelle faculté : celle d’une communication
vraie et sincère entre les êtres. Pensons
aux GSM si utiles pour des contacts rapides entre
humains mais ces progrès techniques nous aident-ils
vraiment à écouter les problèmes
de l’autre ? A se mettre en empathie, en compassion
avec lui ?
Dès lors, comment parvenir à avoir encore
des relations belles et authentiques avec nos proches
? En développant les qualités de l’âme
(la bonté, la sincérité, l’amour
!!!) ; en gardant calme intérieur et ouverture
d’esprit, en écoutant et observant l’autre
au point de vivre ce qu’il vit, notre âme
s’enrichit (se développe) car elle peut
prendre d’autrui ce qu’elle estime juste
pour elle.
La sagesse de l’univers nous
appelle à découvrir le véritable
projet destiné à l’homme :
devenir un être libre, un membre de cette Sagesse
qui peut jouir d’une volonté
créatrice ; à cette fin, l’âme
est appelée à accueillir son moi profond
; si l’âme laisse ce Moi divin s’éveiller
de plus en plus en elle, elle atteindra, d’incarnation
en incarnation, la parfaite maîtrise d’elle-même.
Les religions sont nées il y a environ dix
mille ans, au moment où notre séparation
d’avec la « sagesse cosmique » s’est
accentuée. Chacune annonce la venue sur terre
d’un être solaire, d’un Etre-Sagesse.
Il sera appelé Christ à l’époque
gréco-romaine ; Augustin, un des premiers
« Pères » de l’Eglise dira
: « Ce que l’on appelle actuellement la
religion chrétienne existait déjà
chez les anciens, et cela dès l’origine
du genre
humain, jusqu’à ce que Christ parut dans
la chair ; alors la vraie
religion, qui existait déjà antérieurement,
reçut le nom de chrétienne ».
En s’incarnant, le Christ nous invite à
prendre conscience de son « Esprit-Saint »
qui habite en chacun de nous. Par lui, l’humanité
passe du spirituel inconscient au spirituel conscient.
Le but final de nos passages sur terre est une volonté
créatrice, c’est une force d’amour-créateur
désintéressée, identique à
celle qui a généré tout ce qui
émane de la sagesse cosmique.
Ainsi l’homme est dans un processus
d’évolution et la philosophie de R. Steiner
cherche à le rendre conscient et à l’aider.