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A la découverte de l'anthroposophie, un art de vivre...
par Guy Lorge, anthroposophe. Novembre 2006

Le conférencier s’est vivement intéressé, à l’œuvre de Rudolf Steiner, un philosophe allemand décédé en 1925, car il y a trouvé des réponses aux questions qu’il se posait. Steiner a étendu ses investigations dans de nombreux domaines comme l’enseignement (les écoles Steiner), l’agriculture (la culture en bio-dynamie), la médecine.
Un enfant, dès son tout jeune âge reproduit dans son développement les différents stades de l’évolution de l’humanité (l’enfant vit dans un milieu aqueux dans sa vie intra utérine comme un poisson) ; mis au monde, il est totalement dépendant de ses parents ; il va s’en affranchir progressivement tout comme l’être humain s’est affranchi de l’intelligence cosmique ; depuis le 15ème siècle, nous commençons à prendre conscience de notre individualité divine et de notre capacité de collaborer avec cette intelligence.
Les civilisations se sont succédé, chacune apportant sa spécificité à l’évolution de l’humanité.
• Lors de la civilisation égyptienne, la connaissance s’exprimait par des images.
• Avec les philosophes grecs comme Socrate, Platon, Aristote, la faculté de penser se développe avec l’usage du concept.
• Lors de la civilisation romaine, la conscience de soi s’accentue, l’homme devient un « citoyen » et se donne des lois écrites.
Et l’Univers ? Steiner suit la recommandation de Socrate : « Tourne ton âme vers ton être divin intérieur (Daïmonos) et celui-ci te révélera la vérité sous forme de pensée, tu auras la connaissance de l’univers ».

Notre âme, c’est notre capacité de penser, de sentir et d’agir.

Notre être divin intérieur d’après R. Steiner nous vient de l’Intelligence Cosmique, qui a pénétré en nous et dont nous faisons partie. En effet, l’univers est régi par des lois si complexes qu’il est impossible d’imaginer qu’il n’y ait pas une intelligence créatrice à la base de tout ce qui existe. C’est ainsi que l’on peut dire que l’œuvre de R. Steiner consiste à présenter un élargissement spirituel aux connaissances matérielles (celles de nos universités actuelles). Tous les hommes sont remplis de cette même et unique sagesse, on peut dire que le règne minéral, le règne végétal et le règne animal existent pour que le règne humain puisse se développer.

Au début, l’homme ne pouvait vivre que par le groupe auquel il appartenait, il était dans une conscience de groupe obscure non intériorisée. Petit à petit, l’homme s’est séparé de cette sagesse primitive sous l’impulsion des êtres lucifériens, il a acquis une conscience de son individualité et une liberté plus grande. Le libre-arbitre s’est fait jour.

En corollaire, il est entré dans un processus d’affaiblissement de ses liens avec la sagesse cosmique et intuitive. Le projet de cette sagesse pour l’homme était qu’il devienne un être conscient d’exister en tant qu’individualité. Mais il a commis des erreurs de comportement dus à son égo, lui apportant souffrances et maladies, sortes d’effets « boomerang » de sa démarche individualiste voire orgueilleuse. La conscience de soi a dérapé vers un égocentrisme outrancier et s’est fixé sur le monde de la matière qu’il voulait posséder et domestiquer. Cette démarche a entravé le développement d’une nouvelle faculté : celle d’une communication vraie et sincère entre les êtres. Pensons aux GSM si utiles pour des contacts rapides entre humains mais ces progrès techniques nous aident-ils vraiment à écouter les problèmes de l’autre ? A se mettre en empathie, en compassion avec lui ?
Dès lors, comment parvenir à avoir encore des relations belles et authentiques avec nos proches ? En développant les qualités de l’âme (la bonté, la sincérité, l’amour !!!) ; en gardant calme intérieur et ouverture d’esprit, en écoutant et observant l’autre au point de vivre ce qu’il vit, notre âme s’enrichit (se développe) car elle peut prendre d’autrui ce qu’elle estime juste pour elle.
La sagesse de l’univers nous appelle à découvrir le véritable projet destiné à l’homme : devenir un être libre, un membre de cette Sagesse qui peut jouir d’une volonté créatrice ; à cette fin, l’âme est appelée à accueillir son moi profond ; si l’âme laisse ce Moi divin s’éveiller de plus en plus en elle, elle atteindra, d’incarnation en incarnation, la parfaite maîtrise d’elle-même.
Les religions sont nées il y a environ dix mille ans, au moment où notre séparation d’avec la « sagesse cosmique » s’est accentuée. Chacune annonce la venue sur terre d’un être solaire, d’un Etre-Sagesse. Il sera appelé Christ à l’époque gréco-romaine ; Augustin, un des premiers
« Pères » de l’Eglise dira : « Ce que l’on appelle actuellement la religion chrétienne existait déjà chez les anciens, et cela dès l’origine du genre
humain, jusqu’à ce que Christ parut dans la chair ; alors la vraie
religion, qui existait déjà antérieurement, reçut le nom de chrétienne ».
En s’incarnant, le Christ nous invite à prendre conscience de son « Esprit-Saint » qui habite en chacun de nous. Par lui, l’humanité passe du spirituel inconscient au spirituel conscient.

Le but final de nos passages sur terre est une volonté créatrice, c’est une force d’amour-créateur désintéressée, identique à celle qui a généré tout ce qui émane de la sagesse cosmique.
Ainsi l’homme est dans un processus d’évolution et la philosophie de R. Steiner cherche à le rendre conscient et à l’aider.


 

 

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