Socrate (5e siècle avant notre ère) n'a
laissé aucun écrit. Mais Platon, dans ses
" Dialogues " a répandu les idées
de Socrate, probablement en les déformant.
Socrate n'avait pas d'activité connue, il était
marié, il avait 3 fils, habitait dans une petite
maison.
Il vivait très pauvrement, portant toujours le
même manteau de laine, c'était un va-nu-pieds
marchant dans la rue entouré de ses amis.
Il entreprenait des conversations avec des personnages
connus, mais aussi avec des gens du peuple et même
des femmes.
Il partait d'un principe : " Connais-toi toi-même
".
Il a cru que c'était Apollon qui lui donnait cet
ordre. Il a tâché de connaître ses
limites, ses capacités. Cette connaissance permet
à chaque homme de corriger ses erreurs et
de s'améliorer.
En effet, il reprochait à chacun ses efforts pour
exceller dans son métier ou dans ses performances
sportives, alors qu'il ne recherchait pas ce qui est nécessaire
à la vie, c'est à dire devenir meilleur.
Il pratique la maïeutique , ce qui
signifie l'art d'accoucher des idées. Il pose de
nombreuses questions, de sorte que celui qui a une croyance
rigide finit par passer au doute, et ainsi à réfléchir
et à penser par lui-même. Son interlocuteur
est mis en contradiction avec lui-même et cela l'aide
à chercher une voie meilleure.
Socrate fait semblant de ne rien savoir : c'est
l'ironie socratique. Il y a en lui une passion
de connaître les autres pour les aider, qu'il appelle
son
" démon ".
Sa façon de vivre, son allure de clochard prouvent
la différence qu'il faisait entre l'être
et l'avoir, ce qui ne plaisait pas aux Athéniens.
Pour lui les richesses n'étaient rien à
côté des valeurs morales.
En effet, selon lui, pour atteindre le bonheur, il faut
aimer l'honnêteté et ainsi
accéder à la paix de conscience.
A cette époque, Athènes était en
état de crise et luttait contre les troupes spartiates.
Alcibiade, disciple de Socrate, était considéré
comme un traître, et cela a jeté le discrédit
sur Socrate qui a été accusé
de corrompre la jeunesse. Il est accusé
d'être athée, de rejeter les dieux de la
Cité . Anytos l'accuse publiquement. Pendant son
procès il dit (d'après Platon) : "
Je vous aime, Athéniens, mais j'obéirai
au dieu Apollon plutôt qu'à vous ".
Il oppose à ses juges des remarques considérées
comme outrecuidantes, de sorte qu'il est condamné,
par une vaste majorité, à boire la ciguë
en -399.
A un de ses amis, outré de cette sentence, Socrate
dit cette phrase : " Aimerais-tu me voir mourir justement
plutôt qu'injustement " ?
Socrate, l'homme de dialogue, ne cherchait à convaincre
aucune personne. Platon, dans son uvre "
Les Lois " dira qu'il faut suivre un maître
et donner aux jeunes une éducation collective.
Ce que Socrate n'a jamais demandé.
On attribue à Socrate cette réflexion intéressante
: " l'être humain est en perpétuel devenir
: son corps et son esprit évoluent continuellement
".
La science moderne lui donne raison. En
effet, nos sensations, mais aussi nos pensées,
ont un effet sur la composition des synapses et de notre
système nerveux tout entier.
Il est curieux de penser que, 2.350 ans après Socrate,
les découvertes de la science arrivent à
la même conclusion que le philosophe.
Le conférencier, très érudit,
fait revivre cette étonnante personnalité
avec un enthousiasme communicatif.
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