En Europe occidentale, le statut
de la femme a évolué fortement depuis
50 ans et est devenu supérieur et en général
meilleur que celui qui existe dans de nombreux pays
et continents surtout en Afrique, dans les pays arabes,
en Asie et en Amérique du Sud.
Cependant, en Egypte ancienne (5.000 avant JC), nous
avons des indices très révélateurs
mais pas de preuves, à propos du statut des
femmes à travers des écrits et de nombreuses
œuvres d’art.
La femme appartenant à la bourgeoisie ou à
la noblesse était traitée avec beaucoup
de considération et de respect. Les croyances
religieuses étaient très importantes,
tout était centré sur la famille et
sur la fécondité de la femme et des
terres fertilisées par le Nil. Isis, déesse
de la fécondité, était vénérée;
après la mort de son mari Osiris, elle avait
enfanté Horus, ainsi est apparu le grand mythe
fondateur de la première grande religion.
Le conférencier nous montre des photos d’œuvres
anciennes sur son portable, notamment un vase dont
le col représente une femme à tête
d’oiseau, levant les bras comme pour prendre
son envol, manifestant liberté et considération,
puis un couple montrant une parfaite égalité
entre un homme et une femme, dont les épaules
sont placées à la même hauteur,
mais aussi des danseuses vêtues d’un tissu
transparent, elles sont gracieuses, puis une photo
d’une petite statue d’un homme qui pétrit
le pain et la même attitude avec une femme,
cela montre une égalité évidente
dans le travail. On a retrouvé de nombreux
petits vases contenant des produits de maquillage
et des parfums même dans des sites dévolus
au gens du peuple. Ensuite il nous lit des textes
à la morale très élevée
montrant le respect dû à la femme, mère
ou épouse.
Vers 3000 ACN, les paysans travaillaient
ensemble, hommes et femmes selon leurs capacités
et leur âge pour le bien de la tribu, c’était
une sorte de communisme primitif. Des écrits
attestent que certaines femmes étaient propriétaires.
Plus tard, à l’apparition de la propriété
privée, la femme a été reléguée
à la maison pour s’occuper du ménage
et des enfants. Les hommes restaient propriétaires
ainsi qu’une minorité de femmes.
A cette lointaine époque l’avortement
aurait été autorisé. On cite
même des moyens contraceptifs comme la graisse
de grenade, des tests de grossesse (urine sur des
épis d’orge).
Après la période des pharaons, est apparue
la domination grecque, puis romaine
: à cette époque les pouvoirs de la
religion et l’état étaient séparés.
Puis ce fut la domination arabe,
au 7ème siècle avec l’apparition
de l’islam. Cette religion qui prône le
bien a été mal interprétée
et les femmes ont été obligées
de porter le voile afin de se protéger de la
convoitise des hommes. A notre époque beaucoup
de femmes plus âgées insistent pour que
les jeunes filles se couvrent entièrement.
Au 17ème siècle, les Ottomans
ont envahi l’Egypte et y ont installé
un véritable chaos. Près de 20 pourcents
des Egyptiens vivent encore sous le seuil de pauvreté.
Au 20ème siècle, sous l’influence
britannique, certaine femmes de la haute
société s’habillent à la
mode occidentale et entament des études mais
les Frères Musulmans sont
venus et ont insisté pour que les Egyptiens
se différencient des Européens. Quand
Nasser était au pouvoir vers 1960, il prônait
la séparation de la religion et de l’état.
Les filles suivaient des cours à l’Université
et portaient des vêtements occidentaux. Avec
Sadate, en 1970, tout s’est radicalisé,
il cherchait à opposer les fondamentalistes
aux communistes. Pour le moment, sous Moubarak, l’Egypte
évolue très lentement vers la démocratie.
Malheureusement, récemment plusieurs attentats
graves ont visé les touristes et les sites
célèbres pour freiner cet apport de
rentrée d’argent et ce brassage de civilisations.
Il est certain que beaucoup de choses évoluent,
mais cela se passe doucement et souvent en cachette.
Les jeunes se marient, mais s’ils veulent divorcer,
ils déchirent simplement le papier reçu
lors du mariage. Un grand nombre d’Egyptiens
vivent dans la confusion. Le facteur le plus important
est l’éducation, seul levier
pour faire évoluer les peuples.
Quelques faits. Aujourd’hui,
l’avortement est toujours interdit. Autrefois
le mari pouvait répudier sa femme, maintenant
le divorce est admis, à condition que la femme
renonce à tous ses droits. Les progrès
sont lents ! Peu de femmes ont un métier, la
plupart sont confinées dans leur cuisine. Cependant
c’est la femme qui dirige en ce qui concerne
les dépenses du ménage et l’éducation
des enfants.
Le conférencier nous cite des chiffres étonnants
: 45% des femmes dans le monde sont au travail,
En Egypte, 4% des gens vivent au-delà de 65
ans, tandis qu’en occident, c’est 17%.
On trouve 33% de jeunes en dessous de 14 ans en Egypte
(population très jeune) par rapport à
l’Occident.
L’Egypte est une « locomotive »
pour les pays arabes, elle est renommée pour
la littérature, les arts, le cinéma.
Il évoque aussi (avec photo) une jeune fille
égyptienne de 17 ans, sportive de haut niveau
qui vient de décrocher la médaille d’or
en haltérophilie, elle représente un
espoir de libération de la nouvelle génération.
Une conférence qui ouvre l’esprit et
la réflexion, les exemples tirés de
la vie quotidienne sont vivants et provoquent une
remise en question d’éventuelles idées
reçues.
Merci Hani !