C’est par petites touches humoristiques que
Hugues Draye nous fait vivre la « philosophie
» dans notre quotidien. Ses auditeurs
l’écoutent avec un sourire amusé
lorsqu’il fait son propre portrait plein de
contradictions, car il est à la fois fourmi
et cigale.
Quand il évoque le facteur qui travaille dans
la ville et court si vite qu’il a un point de
côté, il dépeint chacun de nous
au moment où notre métier nous pèse
avec ses exigences, et pour bien le mener, il faut
« courir jusqu’à avoir un point
de côté ». Sous cette image, proche
de la caricature, il y a le courage, et la volonté
de faire front.
Chaque jour, nous sommes soumis aux caprices ou aux
rigueurs du temps. Au lieu de se plaindre de la pluie,
Hugues clame qu’il aime les trompes d’eau,
avec tant d’entrain et de bonne humeur qu’il
provoque le rire. C’est une leçon d’optimisme.
De même quand il se souvient du « bon
temps », lors des débuts de la Volkwagen
de la « deux chevaux » ou de la Citroën
DS, ses allusions à la technologie de notre
époque ne sont pas sarcastiques, mais toujours
pleines d’humour, avec un soupçon de
nostalgie.
Il sait cependant éveiller une puissante
émotion dans ses chansons d’amour.
En quelques mots, il dépeint l’«
empire » de l’amour : celui qui aime a
peur de perdre son amour. Et pourtant parfois, il
est difficile de gérer cet « empire »
qui peut aussi être un fardeau.
Textes pleins de fantaisie et de
poésie, beaucoup de joie dans
ses accompagnements à la guitare. Mais aussi
une grande humanité et une
réelle émotion lors
de la chanson « Nathalie », qui, à
l’hôpital, se sachant condamnée,
attend l’euthanasie…
Il marche, glisse, se courbe, exprime par son visage
toutes les émotions qu’il nous fait partager.
C’est un moderne troubadour, avec un regard
malicieux sur tous les petits contretemps quotidiens.
Chacun de nous se retrouve dans ce qu’il ressent
et fait si bien passer car ces sensations sont distillées
avec finesse, humour et grâce sans la moindre
amertume.
Si nous réfléchissons au message qu’il
nous transmet, nous pourrions en retirer une grande
sagesse…
Et puis la bonne humeur, c’est communicatif,
ce fut une soirée tellement conviviale !