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Médias, désinformation et manipulation.
A qui profite l'écran?
par Joël Renard
L'impressionnisme a été le déclencheur de l'image ; il est né au moment où la photographie a pris son essor.
La T.V. nous donne beaucoup d'informations, mais nous n'en faisons pas suffisamment la critique. Depuis l'affaire Dutroux, la TV a évolué. Certaines affaires sont grossies anormalement. Ex. : avant les élections, il y avait moins de nouvelles en politique et on a exagéré la crise de la dioxine jusqu'à semer l'effroi.
Les médias sont des moyens d'information pour les masses. Dans son journal le lecteur peut analyser une photo dans tous ses détails et revenir sur les textes pour réfléchir.
La radio émet le renseignement au sujet d'événements que le reporter vient de vivre.
La T.V. reproduit des images qui se succèdent rapidement = c'est le mouvement, attirant, comme dans la vie. Mais chaque image est cadrée en moins de trois secondes ; donc le cameraman n'arrive pas toujours à rendre l'ambiance réelle. L'image apparaît dans son cadre, mais nous ignorons ce qui s'est passé avant et après, et même pendant la prise de vue. L'image est donc déconnectée de son contexte.
L'audiovisuel a un but pédagogique certain, ce qui n'est pas toujours le cas à la T.V.
Notre cerveau retient 80% des images, mais n'enregistre qu'à 20% les commentaires ; les choses vues ont beaucoup plus d'influence que les choses entendues. De là, l'impact de l'image et son rôle de conditionnement, son danger aussi.
Pour regarder l'image, l'œil humain passe de gauche à droite ; c'est ainsi que certaines communications ou publicités s'impriment à droite sur l'écran pour attirer l'attention.
Veillons bien à regarder la T.V. avec un aspect critique. Quand en 1969 Armstrong a posé les pieds sur la Lune, l'image était très sombre, mais nous y avons cru. De même, dans les bombardements de Kaboul en Afghanistan, on ne voyait que quelques étincelles vertes dans le noir absolu, mais nous y croyions aussi, alors qu'avec un simple briquet on peut produire ces effets.
Ex. : Pendant la guerre contre l'Iraq, nous recevions continuellement des informations uniquement diffusées par la chaîne américaine. C'était de la propagande.
Autre ex. : Si nous regardons, en mai 1968, la photo de Cohn Bendit et d'un policier, nous pouvons l'interpréter autrement, si elle est retournée !
Si Cohn Bendit est à droite, nous pensons qu'il est dominé par le policier. S'il est à gauche, nous pensons qu'un terroriste attaque le policier. Il y a donc un certain danger dans l'interprétation de l'image.
Autre exemple : Lors de la diffusion d'un film, la firme Coca Cola faisait apparaître une bouteille de coca toutes les 24 images = c'est l'image subliminale. C'était si fugace que l'œil ne la voyait pas, mais le cerveau l'enregistrait. C'est une manipulation du spectateur qui était incité à commander un coca à l'entre-acte.

- Le succès remporté par la " loft story " est un phénomène très inquiétant, car il fait penser à Big Brother (Orwell = 1984). Les protagonistes sont sans cesse observés par des cameras, ils n'ont pratiquement plus d'intimité.
- Un autre danger, c'est l'impact qu'ont certaines personnalités sur les masses.
Ex. : Le Pen est très médiatique, et ses interviews à la T.V. ont peut-être aidé à grossir les rangs des partisans de l'Extrême Droite.

Les jeunes cherchent des modèles à suivre. Soyons donc très vigilants.

Conclusion : dans les écoles, il faudrait donner un cours sur l'audiovisuel, afin d'éveiller l'esprit critique des élèves.

 

 

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