La conférencière a l'art, par sa simplicité
et son vécu, de créer une sorte d'intimité
qui unit tous les auditeurs.
Le mot " zen " est à la mode. Quand quelqu'un
est " zen ", cela ne signifie pas qu'il boude
les plaisirs, mais qu'il sait envisager avec sérénité
les vicissitudes de la vie (Ex : petite anecdote où
quelqu'un demande comment il reconnaîtra le Maître
Zen, " c'est celui qui aime bien les melons ").
Notre bonheur ne peut dépendre de circonstances
extérieures, comme le temps, l'argent, etc..
Le Maître Zen se pose une question essentielle
: quelle est l'origine de la souffrance ?
- elle est liée à notre condition humaine
;
- elle provient des désirs, des besoins que nous
ne pouvons satisfaire ;
- après leur réalisation se créent
de nouveaux désirs, et c'est sans fin ;
- la recherche du bonheur peut tuer le bonheur lui-même
(ex. du jeune couple qui habite dans un grenier - la
naissance d'un enfant perturbe leur équilibre.
Pourtant le jeune couple a des économies en vue
d'acheter une belle maison. C'est un grand rêve,
mais qui a détruit le quotidien).
Il faut donc veiller à " l'immédiateté
" et ne pas être esclave d'un Rêve.
- Ce n'est pas nécessairement le plus intelligent
qui gère le mieux sa vie (ex. des 2 grenouilles
qui tombent dans une cruche de lait. L'une d'elles,
persuadée qu'il est impossible de sortir de sa
situation, renonce à se mouvoir et se noie ;
l'autre continue à agiter ses pattes sans se
poser de questions, le lait devient du beurre et elle
peut se sauver).
Siddharta Gautama était Prince, et après
une longue méditation il atteint l'Eveil et comprend
l'origine de la souffrance. Il expose
à ses disciples les 4 vérités :
1. la souffrance est intrinsèquement liée
à la condition humaine ;
2. Bouddha dit quelle est l'origine de la souffrance
;
3. Bouddha affirme que chacun peut atteindre l'Eveil
:
4. Bouddha donne la solution pour trouver le chemin
de l'Eveil.
L'homme souffre car il veut attirer le monde à
lui-même, mais il se méprend sur la réalité.
De plus il est soumis à un changement perpétuel
: son évolution, les changements dus au milieu
où il vit, aux guerres, aux besoins matériels,
sa lente maturation qui le conduira à la vieillesse
et à la mort.
Il a peur du changement, il a peur ne pas être
aimé, il voudrait garder toujours une stabilité,
et c'est impossible puisque chaque être paraît,
puis disparaît. Jamais rien n'est durable.
Le Bouddhisme nie l'existence du " Je ".
En effet, chaque être, s'il est unique, n'existe
pas par lui-même, mais c'est un mélange
de molécules provenant de ses ancêtres
lointains, il est nourri par ce que produit notre planète,
il dépend du pays où il est né
et de l'époque où il doit construire sa
vie.
Il est très difficile de s'éloigner de
la notion que chacun a de lui-même, car il croit
avoir une personnalité propre, bien définie
: il aime certaines choses, en repousse d'autres, a
des croyances, des émotions ; il n'admet pas
facilement que tout cela fait simplement partie de "
l'Humain ".
Le Maître Zen et ses disciples pratiquent le ZAZEN
, c'est à dire la méditation, assis jambes
croisées et le dos très droit : celui
qui médite ne fait rien d'autre, il essaie d'aller
au-delà de l'Ego, puisque c'est l'Ego qui désire
et donc provoque la souffrance. C'est une création
mentale difficile.
Ainsi l'histoire du poisson qui parvient à sortir
de l'eau et à explorer la terre ferme : il est
ébloui par la nouveauté et la beauté
de ce domaine où tout est sec et dur. Quand il
replonge dans son milieu aquatique, il tente de faire
part de son émerveillement aux autres poissons
qui refusent de le croire, le traitent de fou et de
menteur, se fâchent contre lui et certains sont
prêts à le persécuter car ses propos
sont jugés dangereux. De même celui qui
s'élève à un plan normalement inaccessible
à la majorité des humains, est incompris
et considéré comme fou.
C' est pourquoi, " Celui qui sait, se tait ",
et plus populaire : " pas de perles aux pourceaux
"
S'il n'est plus l' envoûté, mais devient
l'Eveillé, il ira vers la sérénité,
c'est à dire l'acceptation de la condition humaine.
Admettre que rien ne pourra durer toujours, que l'existence
est précaire, que la mort est inévitable.
Lâcher prise, cela veut dire qu'il ne faut pas
s'accrocher avec force " à la paroi du rocher
pour ne pas tomber ". Cela n'est nécessaire
qu'en cas de danger. Au cours de la vie, on ne doit
pas se laisser guider par " la peur de vivre "
.
Si on a des ennuis et qu'on les ressasse, ils deviennent
insurmontables ; si on est malade, ce qui est inévitable,
il ne faut pas " en faire une maladie " !
Lâcher prise, c'est considérer les contretemps
et les soucis avec plus de philosophie et de sérénité.
Chacun est un " Bouddha ", mais l'ignore !
.
" Connais-toi toi-même " a dit Socrate.
Cela vaut pour la vie entière. En effet, ce n'est
pas parce qu'on est adulte qu'on atteint une personnalité
stable, on est dans un constant devenir.
Nous sommes surtout " ce que nous ne connaissons
pas ", et toujours nous devrons aller vers nous-mêmes,
cet être fluctuant !
Cette conférence pleine de sagesse a donné
lieu à de profondes réflexions et des
discussions passionnantes.
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