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Lâcher Prise... Laisser Etre... par Josepha Vermote
La conférencière a l'art, par sa simplicité et son vécu, de créer une sorte d'intimité qui unit tous les auditeurs.
Le mot " zen " est à la mode. Quand quelqu'un est " zen ", cela ne signifie pas qu'il boude les plaisirs, mais qu'il sait envisager avec sérénité les vicissitudes de la vie (Ex : petite anecdote où quelqu'un demande comment il reconnaîtra le Maître Zen, " c'est celui qui aime bien les melons ").

Notre bonheur ne peut dépendre de circonstances extérieures, comme le temps, l'argent, etc..
Le Maître Zen se pose une question essentielle : quelle est l'origine de la souffrance ?
- elle est liée à notre condition humaine ;
- elle provient des désirs, des besoins que nous ne pouvons satisfaire ;
- après leur réalisation se créent de nouveaux désirs, et c'est sans fin ;
- la recherche du bonheur peut tuer le bonheur lui-même (ex. du jeune couple qui habite dans un grenier - la naissance d'un enfant perturbe leur équilibre. Pourtant le jeune couple a des économies en vue d'acheter une belle maison. C'est un grand rêve, mais qui a détruit le quotidien).
Il faut donc veiller à " l'immédiateté " et ne pas être esclave d'un Rêve.
- Ce n'est pas nécessairement le plus intelligent qui gère le mieux sa vie (ex. des 2 grenouilles qui tombent dans une cruche de lait. L'une d'elles, persuadée qu'il est impossible de sortir de sa situation, renonce à se mouvoir et se noie ; l'autre continue à agiter ses pattes sans se poser de questions, le lait devient du beurre et elle peut se sauver).

Siddharta Gautama était Prince, et après une longue méditation il atteint l'Eveil et comprend l'origine de la souffrance. Il expose à ses disciples les 4 vérités :
1. la souffrance est intrinsèquement liée à la condition humaine ;
2. Bouddha dit quelle est l'origine de la souffrance ;
3. Bouddha affirme que chacun peut atteindre l'Eveil :
4. Bouddha donne la solution pour trouver le chemin de l'Eveil.

L'homme souffre car il veut attirer le monde à lui-même, mais il se méprend sur la réalité. De plus il est soumis à un changement perpétuel : son évolution, les changements dus au milieu où il vit, aux guerres, aux besoins matériels, sa lente maturation qui le conduira à la vieillesse et à la mort.
Il a peur du changement, il a peur ne pas être aimé, il voudrait garder toujours une stabilité, et c'est impossible puisque chaque être paraît, puis disparaît. Jamais rien n'est durable.

Le Bouddhisme nie l'existence du " Je ". En effet, chaque être, s'il est unique, n'existe pas par lui-même, mais c'est un mélange de molécules provenant de ses ancêtres lointains, il est nourri par ce que produit notre planète, il dépend du pays où il est né et de l'époque où il doit construire sa vie.
Il est très difficile de s'éloigner de la notion que chacun a de lui-même, car il croit avoir une personnalité propre, bien définie : il aime certaines choses, en repousse d'autres, a des croyances, des émotions ; il n'admet pas facilement que tout cela fait simplement partie de " l'Humain ".
Le Maître Zen et ses disciples pratiquent le ZAZEN , c'est à dire la méditation, assis jambes croisées et le dos très droit : celui qui médite ne fait rien d'autre, il essaie d'aller au-delà de l'Ego, puisque c'est l'Ego qui désire et donc provoque la souffrance. C'est une création mentale difficile.

Ainsi l'histoire du poisson qui parvient à sortir de l'eau et à explorer la terre ferme : il est ébloui par la nouveauté et la beauté de ce domaine où tout est sec et dur. Quand il replonge dans son milieu aquatique, il tente de faire part de son émerveillement aux autres poissons qui refusent de le croire, le traitent de fou et de menteur, se fâchent contre lui et certains sont prêts à le persécuter car ses propos sont jugés dangereux. De même celui qui s'élève à un plan normalement inaccessible à la majorité des humains, est incompris et considéré comme fou.
C' est pourquoi, " Celui qui sait, se tait ", et plus populaire : " pas de perles aux pourceaux "

S'il n'est plus l' envoûté, mais devient l'Eveillé, il ira vers la sérénité, c'est à dire l'acceptation de la condition humaine. Admettre que rien ne pourra durer toujours, que l'existence est précaire, que la mort est inévitable.
Lâcher prise, cela veut dire qu'il ne faut pas s'accrocher avec force " à la paroi du rocher pour ne pas tomber ". Cela n'est nécessaire qu'en cas de danger. Au cours de la vie, on ne doit pas se laisser guider par " la peur de vivre " .
Si on a des ennuis et qu'on les ressasse, ils deviennent insurmontables ; si on est malade, ce qui est inévitable, il ne faut pas " en faire une maladie " !
Lâcher prise, c'est considérer les contretemps et les soucis avec plus de philosophie et de sérénité. Chacun est un " Bouddha ", mais l'ignore !….
" Connais-toi toi-même " a dit Socrate. Cela vaut pour la vie entière. En effet, ce n'est pas parce qu'on est adulte qu'on atteint une personnalité stable, on est dans un constant devenir.
Nous sommes surtout " ce que nous ne connaissons pas ", et toujours nous devrons aller vers nous-mêmes, cet être fluctuant !

Cette conférence pleine de sagesse a donné lieu à de profondes réflexions et des discussions passionnantes.

 

 

 

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