La conférencière revient à la Vigne
pour la troisième fois déjà, elle
parle toujours d'expérience, elle a séjourné
en Dordogne dans un centre bouddhiste et elle a vécu
la vie d'une moniale Zen dans différents monastères,
en laissant sa profession de psychothérapeute.
Le Bouddhisme est né en 2.500 avant notre ère
et s'est répandu grâce à la tradition
orale en Inde et en Chine. Plus tard, les enseignements
ont été écrits : les Sutras. Une
nouvelle école a été crée
500 ans plus tard : le Mahayana.
Le but de l'être humain est le cheminement courageux
vers l'Eveil, c'est-à-dire vers l'esprit de compassion.
La compassion, pour les Bouddhistes, diffère
légèrement de ce que nous appelons "
compassion " : en effet, c'est une bonté,
une solidarité, un élan du coeur avec tout
ce qui est vivant.
Voici une histoire qui tente d'expliquer ce sentiment
: une petite fille de six ans sait que ses parents devront
un jour partir vers l'Est et la laisser dans une famille
d'accueil. Très malheureuse au sein de cette famille,
elle décide de partir vers Varsovie à travers
campagnes et forêts. Un jour, elle rencontre une
louve qui ne lui fait aucun mal et marche dans la même
direction qu'elle. Un soir, elle voit que la louve s'est
couchée auprès d'elle, car il y a eu une
solidarité de la vie pour la vie.
Nous avons de grandes difficultés à atteindre
l'Eveil car nous pensons que nous devons construire
notre personnalité afin de nous défendre,
afin que notre importance soit reconnue. C'est la domination
de l'Ego.
Freud parle d'ailleurs de l' " inconscient "
chez l'homme, et des bourbiers dans lesquels il se débat,
de l'animalité qui est au fond de chacun de nous.
Mais cet inconscient forme les racines de l'homme. Le
conscient est aussi plein de désirs inassouvis,
et toujours renouvelés.
Celui qui mange chaque jour un tout petit bout de chocolat
est heureux de recevoir une barre entière, mais
nos enfants, trop souvent " gâtés
", qui reçoivent chaque jour la barre entière,
sont-ils plus heureux ? Non, car ils en désirent
toujours davantage, ceci nous montre que le bonheur
que nous croyons obtenir en acquérant toujours
plus n'est qu'une illusion puisque nos désirs
sont insatiables.
C'est pourquoi la méditation est si bénéfique.
Les questions qu'on se pose : -pourquoi ai-je encore
dit ou fait cela ?-, peuvent jeter un éclairage
sur notre nature et provoquer cette aspiration à
nous élever au-delà de nos désirs,
jusqu'à arriver à un " surcroît
de vie ". Ce sont ces leçons de vie bien
comprises et retenues qui sont des ferments d'évolution.
Le Zen n'est pas un retrait de la société
dans laquelle on vit, il s'implique et beaucoup d'uvres
pour aider les plus misérables ont été
créées dans des centres aux Etats Unis,
en Europe
Quand nous regardons l'état du monde, les guerres,
les attentats, les criminels, nous savons que c'est
l'Ego qui domine, de même que l'égocentrisme
domine en chacun de nous. Nous sommes toujours, et avant
tout, préoccupés de nous-mêmes.
Et cet aveuglement provoque la souffrance.
Cependant l'être humain a, au fond de lui, une
bonté qui est accessible à chacun, et
chacun peut cheminer vers la " sainteté
".
" Fends le cur, tu y trouveras un soleil
" a dit un poète.
Nous sommes tous des vivants plus ou moins en souffrances,
nous portons ou cachons nos blessures et nous pouvons
comprendre, peut-être alléger la souffrance
des autres
A condition de faire taire notre ego
.la
méditation est un chemin
Une conférence profonde, sincère qui a
parlé au cur
une leçon de sagesse
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