Avec une sincérité émouvante, la
conférencière nous retrace son chemin spirituel.
Après avoir suivi, dans l'enfance, un cours de
religion, puis de morale laïque, elle est devenue
agnostique après ses études de psychologie.
Si l'on tente de faire une comparaison entre l'Occident
et l'Orient quant au traitement de la souffrance, on dirait
que le thérapeute occidental va vers " l'Ego
" , et que l'oriental va vers " le Soi ".
Freud parle du conscient et de l'inconscient, de l'importance
de la psychanalyse pour se connaître et pour soigner
ses douleurs, ses défaillances et tout ce qui engendre
la peur.
Dans notre société occidentale très
matérialiste on se tourne vers l'Ego.
On distingue trois stades de l'évolution
de l'homme, de la lente germination d'un être
:
- l'enfance, où le corps et l'esprit sont dans
un continuel devenir ;
- l'adolescence, où a lieu l'individualisation
face aux parents et à la société
;
- l'âge adulte, où la vie prend forme : la
vie affective au sein d'une famille, la vie professionnelle.
Mais on parle peu de spiritualité, de la recherche
spirituelle (c'est comme si c'était un manque de
maturité).
On devrait ajouter un quatrième stade de l'évolution
: ce serait l'âge de la sagesse, c'est-à-dire
la sérénité = la capacité
de s'éloigner du Moi égoïste sujet
à la jalousie, la haine, la convoitise. Ainsi,
jusqu'à la fin, on vivrait dans le " devenir
".
La conférencière nous parle d'une expérience
vécue dans un train : une femme avait un comportement
étrange = elle riait, puis sanglotait et se cachait
le visage avec son foulard.
Réactions des voyageurs : L'un dit : " elle
est folle ! ", l'autre : " elle est sale "
puis, " elle va s'étouffer avec son foulard
" et un homme dit : " qu'elle s'étouffe
! ". Ce sont des réactions du " Moi
" très égoïstes.
La conférencière ressentant " un
manque " en elle, a désiré connaître
la sagesse enseignée par les Bouddhistes et a
vécu deux ans dans un monastère tibétain.
A l'entrée, cette phrase : " Salut à
celui qui va au-delà de sa peur ".
Là, on vit avec une trentaine de personnes inconnues
dans un espace très restreint. Certains moines
sont très sereins, d'autres vivent avec une grande
souffrance.
Là-bas on va " vers Soi ",on apprend
à " lâcher prise ". Toute réaction
égoïste est bannie, on n'aide même
pas celui qui exprime sa douleur afin qu'il puisse y
arriver par lui-même en puisant son énergie
dans le fond de son être.
On parvient à toucher ce creux de l'être
grâce à la méditation et à
la contemplation.
Dans le silence, chacun est assis très droit
: c'est la position idéale du point de vue médical.
On ne pense à rien, mais le cerveau ne pouvant
rester inactif, des pensées passent comme des
nuages et nous éclairent sur les sujets qui nous
troublent ou nous passionnent. Quand on devient conscient
que ces soucis sont comme les vagues alors que l'océan
est stable, nous savons qu'au fond de nous, il y a un
être solide qui est bienveillant envers le monde,
qui ressent de la compassion.
La conférencière nous raconte une anecdote
qui éclaire la pensée orientale : Un homme
se promenant dans la forêt est blessé par
une flèche. Il crie à un moine qui accourt
vers lui : " Pourquoi m'a-t-on fait cela ? "
Le moine lui dit : "Ce qui importe, c'est d'enlever
la flèche pour ne pas que le poison fasse son
uvre ".
En effet, si on m'insulte, si on me rabaisse, je me
révolte, je souffre, le poison entre en moi et
me blesse profondément. Si j'enlève la
flèche, c'est-à-dire, si je me tourne
vers moi en méditant, je serai au-delà
du conscient, de l'inconscient, je pourrai faire la
part des choses, je refuserai la violence, la rancune,
la haine.
On croit qu'il n'y a pas de rapport entre thérapie
et spiritualité. Cependant, on peut guérir
beaucoup de blessures par la spiritualité car
elle nous amène à la sérénité.
Très applaudie, la conférencière
a su toucher le cur de tous ses auditeurs, même
les plus jeunes !
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