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Freud et Bouddha...deux regards sur la souffrance et deux pratiques pour de l'alléger
par Josepha Vermote.
Avec une sincérité émouvante, la conférencière nous retrace son chemin spirituel.
Après avoir suivi, dans l'enfance, un cours de religion, puis de morale laïque, elle est devenue agnostique après ses études de psychologie.
Si l'on tente de faire une comparaison entre l'Occident et l'Orient quant au traitement de la souffrance, on dirait que le thérapeute occidental va vers " l'Ego " , et que l'oriental va vers " le Soi ".
Freud parle du conscient et de l'inconscient, de l'importance de la psychanalyse pour se connaître et pour soigner ses douleurs, ses défaillances et tout ce qui engendre la peur.
Dans notre société occidentale très matérialiste on se tourne vers l'Ego.
On distingue trois stades de l'évolution de l'homme, de la lente germination d'un être :
- l'enfance, où le corps et l'esprit sont dans un continuel devenir ;
- l'adolescence, où a lieu l'individualisation face aux parents et à la société ;
- l'âge adulte, où la vie prend forme : la vie affective au sein d'une famille, la vie professionnelle.
Mais on parle peu de spiritualité, de la recherche spirituelle (c'est comme si c'était un manque de maturité).
On devrait ajouter un quatrième stade de l'évolution : ce serait l'âge de la sagesse, c'est-à-dire la sérénité = la capacité de s'éloigner du Moi égoïste sujet à la jalousie, la haine, la convoitise. Ainsi, jusqu'à la fin, on vivrait dans le " devenir ".

La conférencière nous parle d'une expérience vécue dans un train : une femme avait un comportement étrange = elle riait, puis sanglotait et se cachait le visage avec son foulard.
Réactions des voyageurs : L'un dit : " elle est folle ! ", l'autre : " elle est sale " puis, " elle va s'étouffer avec son foulard " et un homme dit : " qu'elle s'étouffe ! ". Ce sont des réactions du " Moi " très égoïstes.

La conférencière ressentant " un manque " en elle, a désiré connaître la sagesse enseignée par les Bouddhistes et a vécu deux ans dans un monastère tibétain. A l'entrée, cette phrase : " Salut à celui qui va au-delà de sa peur ".
Là, on vit avec une trentaine de personnes inconnues dans un espace très restreint. Certains moines sont très sereins, d'autres vivent avec une grande souffrance.
Là-bas on va " vers Soi ",on apprend à " lâcher prise ". Toute réaction égoïste est bannie, on n'aide même pas celui qui exprime sa douleur afin qu'il puisse y arriver par lui-même en puisant son énergie dans le fond de son être.
On parvient à toucher ce creux de l'être grâce à la méditation et à la contemplation.
Dans le silence, chacun est assis très droit : c'est la position idéale du point de vue médical.
On ne pense à rien, mais le cerveau ne pouvant rester inactif, des pensées passent comme des nuages et nous éclairent sur les sujets qui nous troublent ou nous passionnent. Quand on devient conscient que ces soucis sont comme les vagues alors que l'océan est stable, nous savons qu'au fond de nous, il y a un être solide qui est bienveillant envers le monde, qui ressent de la compassion.
La conférencière nous raconte une anecdote qui éclaire la pensée orientale : Un homme se promenant dans la forêt est blessé par une flèche. Il crie à un moine qui accourt vers lui : " Pourquoi m'a-t-on fait cela ? " Le moine lui dit : "Ce qui importe, c'est d'enlever la flèche pour ne pas que le poison fasse son œuvre ".
En effet, si on m'insulte, si on me rabaisse, je me révolte, je souffre, le poison entre en moi et me blesse profondément. Si j'enlève la flèche, c'est-à-dire, si je me tourne vers moi en méditant, je serai au-delà du conscient, de l'inconscient, je pourrai faire la part des choses, je refuserai la violence, la rancune, la haine.
On croit qu'il n'y a pas de rapport entre thérapie et spiritualité. Cependant, on peut guérir beaucoup de blessures par la spiritualité car elle nous amène à la sérénité.

Très applaudie, la conférencière a su toucher le cœur de tous ses auditeurs, même les plus jeunes !

 

 

 

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