Avec beaucoup d'originalité, le conférencier
retrace l'aspiration du " petit singe " vers
le bonheur, à travers un exposé truffé
de réflexions humoristiques (Le " petit singe
" serait le " physico-corporel émotionnel
").
Il voudrait expliquer à sa petite-fille et à
toutes les générations futures ce qu'est
la philosophie : c'est ce qui se trouve dans l'air du
temps et qui n'est pas encore là, mais qui va incessamment
être là !.
Nous croyons toujours que nos ancêtres vivaient
mieux que nous. L'homme de Cromagnon lui-même était
plus fort, plus résistant que l'homme d'aujourd'hui.
D'ailleurs, dans l'Antiquité, chez les Grecs, c'étaient
toujours les Anciens qui gouvernaient. Cela s'explique
par la nostalgie d'un " paradis perdu ".
Nous vivons dans un système que nous voudrions
durable, mais il évolue sans cesse.
La notion de " progrès " date du 16e
siècle.
L'idée que nous devons évoluer en nous améliorant
est nouvelle. Darwin a prouvé scientifiquement
l'évolution de l'être humain. (A ce moment,
le conférencier nous raconte une blague. Une grand-mère
dit à son petit-fils : " Tu descends peut-être
du singe, mais pas moi ! ")
Au 17e siècle, Descartes écrivait : "
Quand on pense un peu, on le fait en suffisance ".
C'est le début du rationalisme.
A cette époque, on écrivait beaucoup pour
exprimer ce qu'on ressentait. Aujourd'hui, la puissance
émotionnelle du corps s'exprime plus par le visage
et les gestes que par les mots. Dans les films , à
la T.V., l'acteur nous montre l'intensité de son
émotion : c'est l'image qui nous parle et nous
atteint de manière directe. Nous sommes pris par
la civilisation de l'image.
Si nous prenons le mot " révolution ",
cela signifiait autrefois un cycle toujours renouvelé.
Par exemple : les planètes tournent autour du soleil.
Maintenant le mot " révolution " est
synonyme de basculement sans retour. Pensons à
Karl Marx et sa lutte contre le capital.
Dans l'infinité des milliards d'années,
nous sommes encore dans l'enfance de l'humanité,
et nous avons peur de la violence, de tout ce qui nous
menace, et même de notre corps. C'est pourquoi nous
avons inventé l'esprit. C'est l'esprit qui dirige
tout. Nous disons : " nous avons un corps ".
Ce corps nous étonne, d'ailleurs, par ses possibilités.
Nous sommes submergés par de grosses vagues émotionnelles.
L'image des vagues de l'Atlantique, avec le ressac, représente
les émotions enivrantes, mais dangereuses. Donc,
il faut prendre soin de soi. Il faut oser, mais ne pas
" brûler " son corps.
Malgré tous les malheurs du monde, le " petit
singe " a une puissance émotionnelle qui le
poussera toujours vers " l'heureux ". Nous cherchons
à atteindre " l'heureux " qui est en
nous, et à comprendre ce qui est " dans l'air
du temps ".
Nous devons nous adapter à trois choses nouvelles
:
1. La grande part donnée à ce qui est féminin
en chacun de nous. Le macho brutal d'autrefois qui se
refusait à pleurer, parvient à libérer
ses émotions. Avec la montée du féminisme,
la femme joue un rôle de plus en plus important
dans la société.
2. L'homme n'est plus écrasé par les puissances
économiques. Il cherche une diminution du labeur
et un travail qu'il aime faire ; en compensation, il retire
une certaine jouissance de ses loisirs et de ses rencontres
avec des amis.
3. Dans son étude sur l'interprétation des
rêves, Freud dit que c'est grâce au rêve
que l'homme peut " poétiser " (die Verdichtung=
la condensation, la poétisation). C'est en poétisant
que chacun donne de la valeur à tout ce qu'il aime
: l'art, la beauté et surtout l'amour.
Le conférencier offre deux petits " chocolats
" en guise de conclusion. Il pense que nous croyons
être protégés par des anges. Dieu,
qui est une énergie à la base de l'univers,
est content que le " petit singe " cherche à
le connaître, et à lui dire " qui "
il est, il est dépassé par sa création.
Le conférencier nous raconte une petite histoire
: jadis, dans la grotte de Lascaux, il y a eu une importante
réunion où on parlait de l'espoir d'atteindre
la station " debout ". Quelques petits singes
qui assistaient sont sortis en marchant : ils ont inventé
l'Humain !
Le conférencier, qui a parlé de choses
graves en provoquant le rire, est longuement applaudi,
car il a réalisé une prouesse !
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