Les scientifiques ont des opinions
divergentes sur les Indo-européens. Cependant
on peut dire que entre 10.000 et 3.000 ans avant notre
ère, il y aurait eu des mouvements de troupes,
des déplacements de groupes, de familles. Le
centre aurait été le territoire de la
Mer Noire et de la Mer Caspienne jusqu’aux environs
de Moscou (Hittites ; Scythes), voire une zone qui ferait
cent kilomètres de diamètre autour de
Moscou.
Ces groupes se seraient dirigés vers l’Iran
(Aryens), vers l’Inde (Tokhériens), mais
aussi vers les pays scandinaves (Slaves ;Baltes), la
France et l’Espagne (Celtes), l’Italie (Italiotes),
les pays germaniques (Germains), la Grèce (Thraces,
Illyriens). Ils seraient parvenus, au cours des siècles,
par vagues avancées, cultivateurs semi sédentaires
repoussant toujours les limites de leurs terres et en
cherchant de nouvelles plus fertiles ou (et) guerriers,
envahisseurs, avec leurs chars à deux roues,
tirés par deux chevaux, cités et admirés
par les Egyptiens. Ils ont ainsi avancé dans
différentes directions, propageant les mêmes
bases culturelles qui se sont différenciées
au cours des siècles.
Grâce au sanscrit, les linguistes ont tenté
de reconstituer la langue souche, l’indo-européen
qui serait à la base des anciennes langues
européennes et indoues comme le latin, le celte,…
Le conférencier donne l’exemple
du mot « d.ew », le jour
qui aurait donné : day, dag, tag, dias, dies,
et di que nous retrouvons dans les jours de la semaine.
Naturellement, la langue est liée à
la culture, c’est ainsi que l’on sait
que les « céramiques cordées »
et les amphores « boules » datent de cette
époque lointaine.
Georges Dumézil a publié
une œuvre abondante et passionnante et une étude
en 1938. Il a étudié les textes anciens,
il a comparé les contes, les héros,
les mythes que les différents groupes avaient
véhiculés par la tradition orale et
qui avaient une origine commune.
Voici les trois grandes fonctions où ces peuples
se retrouvent :
1) L’importance du Sacré
: c’est une souveraineté
juridico-politique et « magique ». Importance
des dieux et création d’une mythologie.
Les croyances religieuses unissent les individus d’un
même peuple : méditation, sagesse, justice
exemplaire, activités administratives, prêtres,
brahmanes, druides…Parfois les fautes, comme
un serment trahi, peuvent être réprimées
dans la violence.
2) L’organisation guerrière,
utile pour la défense du groupe, pour la conquête
de territoires, ou les combats contre des monstres.
Ces guerriers font partie de la noblesse, ils incarnent
force physique et bravoure.
3) L’aspect économique
: tout ce qui produit des biens, agriculture, élevage,
chasse, pêche, échanges commerciaux,
production d’objets, tout ce qui peut contribuer
au bien-être, à la richesse des individus,
tout ce qui concerne la femme, la maison, la famille,
la beauté, la volupté, la fécondité,
la maternité.
Pour se maintenir une civilisation doit garder un
équilibre entre ces trois composantes.
Le conférencier raconte deux légendes
qui aurait une origine commune très ancienne,
pour intimider ses ennemis qui faisaient le siège
de Rome, un héros place sa main droite dans
les braises au risque de la perdre ; d’autre
part, un dieu introduit son bras droit dans la gueule
d’un loup monstrueux qui dévorait l’univers,
étant le garant pendant que l’on cherchait
à l’étrangler avec un lien magique.
Il perdit son bras droit. Les deux exemples montrent
le sacrifice de la dextre.
Le conférencier répond aux questions
du public. La réflexion porte sur nos origines,
nos mythes, notre manière de penser. Les mélanges
de peuples se font dans la conquête et la violence
mais aussi dans l’assimilation pacifique et
l’enrichissement mutuel.