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Les Indo Européens: langues, mythes, archéologie
par Laurent Lesage, anthropologue.
Mars 2006
Les scientifiques ont des opinions divergentes sur les Indo-européens. Cependant on peut dire que entre 10.000 et 3.000 ans avant notre ère, il y aurait eu des mouvements de troupes, des déplacements de groupes, de familles. Le centre aurait été le territoire de la Mer Noire et de la Mer Caspienne jusqu’aux environs de Moscou (Hittites ; Scythes), voire une zone qui ferait cent kilomètres de diamètre autour de Moscou.

Ces groupes se seraient dirigés vers l’Iran (Aryens), vers l’Inde (Tokhériens), mais aussi vers les pays scandinaves (Slaves ;Baltes), la France et l’Espagne (Celtes), l’Italie (Italiotes), les pays germaniques (Germains), la Grèce (Thraces, Illyriens). Ils seraient parvenus, au cours des siècles, par vagues avancées, cultivateurs semi sédentaires repoussant toujours les limites de leurs terres et en cherchant de nouvelles plus fertiles ou (et) guerriers, envahisseurs, avec leurs chars à deux roues, tirés par deux chevaux, cités et admirés par les Egyptiens. Ils ont ainsi avancé dans différentes directions, propageant les mêmes bases culturelles qui se sont différenciées au cours des siècles.

Grâce au sanscrit, les linguistes ont tenté de reconstituer la langue souche, l’indo-européen qui serait à la base des anciennes langues européennes et indoues comme le latin, le celte,…
Le conférencier donne l’exemple du mot « d.ew », le jour qui aurait donné : day, dag, tag, dias, dies, et di que nous retrouvons dans les jours de la semaine.
Naturellement, la langue est liée à la culture, c’est ainsi que l’on sait que les « céramiques cordées » et les amphores « boules » datent de cette époque lointaine.

Georges Dumézil a publié une œuvre abondante et passionnante et une étude en 1938. Il a étudié les textes anciens, il a comparé les contes, les héros, les mythes que les différents groupes avaient véhiculés par la tradition orale et qui avaient une origine commune.
Voici les trois grandes fonctions où ces peuples se retrouvent :
1) L’importance du Sacré : c’est une souveraineté juridico-politique et « magique ». Importance des dieux et création d’une mythologie. Les croyances religieuses unissent les individus d’un même peuple : méditation, sagesse, justice exemplaire, activités administratives, prêtres, brahmanes, druides…Parfois les fautes, comme un serment trahi, peuvent être réprimées dans la violence.
2) L’organisation guerrière, utile pour la défense du groupe, pour la conquête de territoires, ou les combats contre des monstres. Ces guerriers font partie de la noblesse, ils incarnent force physique et bravoure.
3) L’aspect économique : tout ce qui produit des biens, agriculture, élevage, chasse, pêche, échanges commerciaux, production d’objets, tout ce qui peut contribuer au bien-être, à la richesse des individus, tout ce qui concerne la femme, la maison, la famille, la beauté, la volupté, la fécondité, la maternité.

Pour se maintenir une civilisation doit garder un équilibre entre ces trois composantes.

Le conférencier raconte deux légendes qui aurait une origine commune très ancienne, pour intimider ses ennemis qui faisaient le siège de Rome, un héros place sa main droite dans les braises au risque de la perdre ; d’autre part, un dieu introduit son bras droit dans la gueule d’un loup monstrueux qui dévorait l’univers, étant le garant pendant que l’on cherchait à l’étrangler avec un lien magique. Il perdit son bras droit. Les deux exemples montrent le sacrifice de la dextre.

Le conférencier répond aux questions du public. La réflexion porte sur nos origines, nos mythes, notre manière de penser. Les mélanges de peuples se font dans la conquête et la violence mais aussi dans l’assimilation pacifique et l’enrichissement mutuel.


 

 

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